24 septembre 1976 : ASSE 4-0 Stade Rennais  
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La revanche des mal-aimés

Retour en images sur la belle victoire des Verts à Bruxelles, acquise en partie grâce à des buts des joueurs souvent critiqués, comme Söderlund et Monnet-Paquet.

Ce match arrivait au bon moment pour les Verts, après des faibles résultats en championnat, avec peu des buts marqués et souvent critiqués par la presse et une partie des supporters. Un match européen dans lequel on n'avait rien à perdre, étant déjà qualifiés, mais on avait tout à gagner : une première place dans la poule et du moral retrouvé. L'équipe n'avait plus qu'à jouer relâchée, décomplexée, pour essayer de prendre du nouveau du plaisir sur le terrain et par la même occasion en redonné à ses supporters.
 
Et pourtant, ça n'a pas été si simple...

 
 

L'analyse à laquelle vous avez échappé

 
Si le fait de laisser au repos certains joueurs comme Perrin, Selnaes, Veretout, Tannane ou Roux n'a pas été surprenant, peu de monde s'attendait à une équipe d'ASSE en 3-4-3. Un choix tactique difficile à expliquer, ce système a été peu utilisé et n'est pas forcement adapté contre une équipe qui joue dans un 4-3-3 classique.
 
Qui prend qui dans le couloir ?
Un problème du 3-4-3 est qu'on se retrouve en sous-nombre sur les côtés. Si l'équipe adverse utilise des ailiers qui longent la ligne de touche et en plus les latéraux montent, comment faire pour placer deux joueurs dans le couloir ? A titre d'exemple :
 
 
 
L'ailier et le latéral gauche adverses sont dans leur couloir. Notre trio de devant a comme consigne de ne pas descendre, nos deux milieux axiaux ont des adversaires directs, donc il faut que Malcuit et KTC se chargent du côté... Normal, mais KTC est un défenseur central dans ce système, s'il va sur le côté, il tire avec lui les autres centraux. Et donc soit Lacroix et Pogba glissent vers ce côté, oubliant ainsi l'ailier opposé, soit il y a trop d'espace entre les centraux, propice à la montée d'un milieu. Sur cet exemple, les deux problèmes sont visibles et il faut que Polomat défende sur l'ailier (heureusement que son latéral n'est pas monté aussi) et que Malcuit et Dabo changent d'adversaire direct pour couvrir les brèches.


Comment construire avec une équipe coupée en deux ?

En phase de possession, les deux pistons latéraux sont très offensifs et donc l'ASSE place ainsi 5 joueurs dans la moitié adverse, tout en laissant trois tout le temps dans la défense. Problème : l'équipe est coupée en deux, un grand espace doit être couvert par seulement deux milieux axiaux. Et comme l'adversaire en a trois, il contrôle sans souci l'axe du terrain, empêchant toute relance propre :
 


Bonne couverture derrière en cas de perte de balle ?

Le but de jouer avec trois défenseurs centraux, est de laisser les latéraux monter sans se soucier d'être pris dans le dos - l'équipe aura toujours une couverture défensive si elle perd le ballon. Ce système est donc fait pour les équipes qui veulent avoir la possession du ballon et craindre moins les contres adverses. Par exemple, suite à cette perte de balle, tous les joueurs adverses sont dans leur propre moitié, nos latéraux sont très haut (on attaque avec une ligne de 5), mais on a quand même trois défenseurs en place :
 
 
 
Le problème vient de nouveau de l'axe du terrain, abandonné par notre équipe, et des couloirs, bien pris par les adversaires. Ils jouent pour étirer au maximum la ligne de 3 centraux, attirant un sur le côté et obligeant les autres de glisser :
 
 
 
De nouveau ce problème de trop d'espace entre les centraux et/ou adversaire libre au côté opposé (Polomat étant monté haut). Cet adversaire à l'opposé est trouvé, mais ce contre ne donne rien - ce n'était pas le cas de celui quasi identique deux minutes auparavant qui à permis aux Belges d'ouvrir le score. Comme parenthèse, c'est à cause de ça qu'on parle souvent des lignes défensives de 4 - trois joueurs ne sont pas assez pour couvrir toute la largeur du terrain sans laisser trop d'espaces entre eux.
 
Le moral dans les chaussettes ?
 
Donc, au lieu d'avoir une équipe Stéphanoise décomplexée, qui prend du plaisir, on assiste à un match avec des joueurs complètement perdus sur le terrain, qui n'arrivent pas à construire, à être dangereux. Une équipe qui, à cause d'un système tactique pas adapté, prend l'eau et perd de plus en plus le peu de confiance qu'elle avait avant le match. Et quand en plus on rate un penalty, on se dit qu'on a touché le fond du fond, que ça ne peut pas être pire que ça. On espérait regagner de la confiance après ce match, on s'enfonce encore plus...
 

 

L'analyse que vous méritez

 

Et pourtant, comme on le disait souvent pendant la période avec beaucoup des blessés dans le groupe, cette équipe a du caractère. Et Galtier et ses adjoints ne sont pas si faibles tactiquement comme certains aiment le penser, ni si incapables de motiver leurs troupes.
 
A la pause, des changements sont intervenus. Non seulement dans la tête des joueurs, mais aussi tactiquement. D'abord, le 3-4-3 reste en place quand on attaque, dans le sens qu'on garde toujours les trois centraux derrière :
 
 
 
Mais le style de jeu de l'équipe change. Si en première période on a eu la possession du ballon (54%), entre la 55ème (après le penalty raté) et la 75ème (après le troisième but), elle a été de seulement 48% pour les Verts. Pour être solides derrière, le 3-4-3 (avec ses problèmes mentionné ci-dessus) est abandonné et on défend dans un 4-4-2 des plus classiques... et on joue en contre ! On refait donc la deuxième mi-temps contre Angers


Un contre rapide
Trente secondes après la capture d'écran précédente, les Verts ont perdu le ballon et se préparent à défendre : 

 
On peut apercevoir une défense à 4 (KTC-Lacroix-Pogba-Polomat) pour les 3 offensifs adverses, mais on prend toujours l'eau dans l'axe du terrain Saivet-Dabo étant seuls contre trois adversaires. Nordin et KMP descendent ainsi pour aider :
 
 
 
Sur cette capture on voit enfin un bloc défensif propre, qui couvre toute la largeur... et KTC qui intercepte un passe et lance tout de suite son "milieu excentré" dans son couloir, laissé libre par le latéral qui avait trop monté. La vitesse et la technique de Malcuit font la différence :
 
 
Et le sens de placement et la réussite (enfin !) de Söderlund concluent ce contre.
 

Un ballon récupéré haut
A peine 5 minutes plus tard, un coup franc indirect de Hamouma est repoussé par la défense, mais le pressing haut de Malcuit nous permet de le récupérer dans la foulée :

 
Cette action n'est pas un bon exemple tactique, vu que les équipes ne sont pas en place (il s'agit de la suite d'un coup franc), mais c'est un jeu collectif à une touche et des mouvements comme on en a rarement vu du côté des Verts le dernier temps. Le schéma ci-dessous résume tout :
 
 
Et le sens de placement et la réussite (enfin !, bis) de Söderlund concluent cette belle action collective partie après une récupération haute.


Un autre contre rapide

Et huit minutes plus tard, les Verts défendent de nouveau contre une attaque placée, toujours en 4-4-2 (Polomat semble invisible, mais il est parfaitement caché derrière son adversaire) :
 

 

L'attaque adverse est brouillonne et le ballon est (encore) intercepté par KTC, qui lance une autre succession des passes à une touche avec Malcuit, Dabo et Hamouma, qui lance KMP dans la profondeur :

 


Les Verts se projettent vite vers l'avant, à l'image de Hamouma, Dabo et Polomat qui montent pour créer un 5 contre 5. KMP fait une avant-dernière passe dans la course d'Hamouma :

 
Après avoir relayé le ballon pour démarrer le contre, Hamouma se trouve en position de centre. Söderlund fait de nouveau un l'appel qui tue :
 

 

Mais sans la réussite cette fois-ci, le ballon est repoussé par le gardien adverse... dans les pieds de KMP qui ne s'était pas arrêté sur son côté, participant ainsi avec une avant-dernière passe et un tir à cette merveille de contre.
 
 
 

Conclusions

 

La suite du match est assez simple, on a fait jouer l’expérience, en reprenant la possession (58% dans le dernier quart d'heure) pour empêcher l'adversaire de nous mettre en danger. Et à la fin, la victoire et la première place du groupe sont presque insignifiantes devant la joie et la communion des joueurs avec le staff et avec les supporters. Le plaisir enfin retrouvé.
 
Et quand on pense au début poussif, au système tactique peu adapté, à comment on prenait l'eau en première période, au penalty raté... Ça rend encore plus incroyable le fait que le staff ait su trouver un équilibre défensif, que les joueurs aient su retrouver la confiance et certains, très critiqués, de la réussite.
 
 
 
 
 

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par Pilou83, le 10/12/2016


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