Nolan Roux s'est fait dégager comme une merde

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Sur la chaîne YouTube Addict O Foot, Nolan Roux est revenu hier sur ses vertes années. Extraits.

"Les Verts ? Ah ben là t'arrives, tu comprends de suite que le week-end, c'est Geoffroy-Guichard. Les magasins tout autour, c'est Geoffroy-Guichard. C’est l'épopée des Verts, des gens qui se baladent en maillot et tout… Tu te dis, waouh, top, parce que moi j'adore ça, les villes de foot. On avait vraiment un groupe de copains. Des barjots, des fous, mais trop bien, quoi ! Jessy Moulin, Hamouma, Monnet-Paquet que je retrouve car j'avais été formé avec lui à Lens. Il y avait Fabien Lemoine, l’emblématique Loic Perrin, Stéphane Ruffier, Bayal Sall. J’ai découvert comment on peut être aussi costaud sans faire de muscu. En plus, j'étais à côté de Bayal dans les vestiaires tout le temps. Ça faisait peur. Je lui ai dit : « t'as déjà tué quelqu'un en jouant au foot ? » Il était trop gentil, trop humain. Mais heureusement d'ailleurs, parce que s’il s’énerve. Avec Zlatan c’était un combat les deux. Je signe trois ans à Sainté et on fait les fameux jeudis soirs d'Europa League, avec une ambiance décuplée par rapport au week-end, parce que c'est vraiment, comme ils disent, « Saint-Etienne, Coupe d'Europe ! ». C’était vraiment une ambiance de dingue. 

Des anecdotes à Sainté, j’en ai plein. Il y en a une qui m'a fait mal. Je finis un match, on avait perdu, je n'avais pas été bon. Je prends la prends la douche, regarde mon téléphone, forcément, et je lis des messages de tous mes potes : « mais qu'est-ce que t'as fait », « mais t'es un fou », « mais t'es un malade ». Et moi, je réfléchis, je n'ai rien fait. J'ai joué, je ne vois pas ce que j'ai fait. Et hop, on m'envoie une vidéo. Le est ballon un peu trop profond, il sort, ça m’énerve et je frappe dans le ballon et le ramasseur de balle le prend en pleine tête. Sur le moment je ne le savais pas mais les médias relayent ça. Galtier me dit : « mais qu'est-ce que t'as fait ? » Je lui réponds : « Je n’avais pas vu, c'est un réflexe parce que j'étais énervé ». On a été obligé de convoquer le petit, et tout, machin. Ça la foutait mal. Non seulement tu ne marques pas mais en plus de ça, tu frappes dans la tête d'un ramasseur de balle, et tu ne vas pas t'excuser. Je ne l'avais pas vu….

Humainement, Christophe Galtier ? Alors, la première année, très bien. Un peu comme Rudi Garcia à Lille. Un peu plus dans l’excès par contre. Un peu plus fou. Tu marques un but, il court sur le terrain, il saute dessus. Mais le lendemain, tu sens qu'il y a un petit froid, tu ne sais pas pourquoi. Il est très bon dans ses discours, très bon dans la tactique. La fin, par contre, je n'ai pas aimé parce qu'il m'avait enlevé du vestiaire, je n'avais plus le droit de rentrer en salle d'entraînement sous prétexte d'une réduction d'effectif. En fait, tu ne peux rien faire. On jouait Marseille. La veille, je suis avec les titulaires à l’entraînement donc je me dis que je vais jouer. La veille, ça change plus trop, normalement. Mais Oleksiak, l’adjoint de Galtier, vient me voir. Il me dit « tu restes à la maison ». Je reçois un message, j’ai rendez-vous le lendemain à 9h dans le bureau du président adjoint. J’arrive et il y avait Oussama Tannane et Bryan Dabo qui étaient là aussi. Je me dis, si je suis associé à eux, c'est chaud quand même. Parce qu’eux, c'étaient des fous. Oussama surtout. A l’entraînement, le coach, ne siffle pas faute tout le temps, Oussama jette le chasuble et rentre au vestiaire. Il avait plein de talent mais était dur à contrôler.

J'arrive et je rentre dans le bureau. Et je vois, de suite un petit costard, une petite cravate. Malheureusement, un huissier... Bon, allez, je comprends. Je comprends que là, en fait, ça va être noté. Je n'ai pas d'avocat avec moi donc c'est foutu. Il y avait le président adjoint qui était là et Christophe Galtier qui était en face de moi avec son téléphone. Il me dit « bon, ben, alors voilà, on t'a convoqué et tout ». Je dis, ouah, c'est chaud quand même. Il ne me regarde pas. Tu sais, là, tu es une merde. Tu ne sers à rien. « On t'a convoqué parce qu'à partir de... 9h30, tu n'as plus accès au vestiaire. Il faut que tu enlèves tes affaires et tu les mets chez toi. Tu es la disposition de la réserve ». J’ai envie de dire : « attends, mais Christophe, vire tout le monde, on discute tous les deux. Tu es coach, on se connaît quand même. » Mais bon, je ne dis rien car il y a l’huissier quand même. Je regarde le président adjoint il tourne la tête. Je dis « Oh, oh, oh, qu'est-ce que j'ai fait ? » Il me dit « absolument rien, sinon on n'en serait pas là. » Ouais, enfin... 

Je suis arrivé dans le vestiaire, puis j'ai fait mes affaires. En fait, c'est dur parce que tu te dis, que j'aurais mieux fait de faire quelque chose, alors. Au moins, tu sais. Là, tu ne sais pas. On ne va rien te dire. Réduction d'effectif. OK ? Mais de là à ce que j'enlève mes affaires du vestiaire. Je n'ai plus le droit de rentrer dans le centre d'entraînement. C'est-à-dire que j'arrive à l'entrée, on ne m’ouvre pas la porte. Loïc Perrin arrive, il me regarde. Capitaine, il savait. Je dis : « Loïc, tu ne dis rien ? Tu laisses faire ça ? Tu vois qu'on m'enlève du vestiaire ? Normalement, tu es capitaine, tu te dis, « ben non, c'est pas un fou, il n'a rien fait, et puis on compte sur lui » Il me dit « ben, je suis désolé ». Ouais, allez, c’est bon…

Je prends mes affaires, je rentre chez moi, j’appelle mes agents. J'avais un agent calme et un agent un peu plus fou qui me dit : « Tu vas dans le bureau, tu défonces tout ». J'ai dit, « arrête. C'est pas moi. Je vais aller défoncer quoi ? Je vais taper du poing sur la table, je vais rigoler. Je ne suis pas crédible à faire ça, des trucs comme ça, moi". Et il me dit : « mais si, vas-y, sinon on monte et on défonce son bureau ! » J'ai dit "non, tu sais quoi ? Laisse. Laisse, tant pis. Tant pis, je prends sur moi. Mais ça me servira. Parce que, je me dis, le temps, il s'occupe des bonnes choses, de toute façon." 

J’appelle Laurent Batlles, qui était l’entraîneur de la réserve à l'époque. Je lui dis : « Lolo, tu sais quoi, j'ai envie de jouer, je peux venir avec toi en réserve ? » Il me dit : « tu ne vas pas te faire chier, quand même ! » Je dis : « non, mais tu sais quoi, j'ai envie de jouer ». On va jouer contre un club près de Clermont, bagarre générale, jet de bouteilles de champagne vides sur le terrain. On n'a pas pu sortir des vestiaires, ils cassaient les portes. Je suis rentré dans le bus, je me suis assis, j’ai regardé Lolo, il m'a dit : « je suis désolé Nolan ! » . Je lui dis : « ne sois pas désilé, je ne reviendrai plus. » (rires). Dure période. J’étais à la maison, je ne faisais rien.

Tu te remémores toutes les fois où tu as sauté dans les bras du coach, où tu as tapé dans la main. Tu passes de tout à rien. Pourquoi ? Je ne t’ai rien fait. Alors, est-ce qu'il attendait une réaction ? Est-ce qu'il attendait un truc ? Je ne sais pas. Je n’ai pas eu de discussion avec lui sur ça. Non, je m’étais juste renseigné auprès de l’UNFP pour savoir si le club avait le droit de m'enlever du centre d'entraînement, parce que je ne pouvais plus faire mon métier. Tant pis, si tu ne comptes plus sur moi, mais je veux m'entraîner. J'ai 29 ans, 30 ans, j'ai encore ma carrière derrière. Et ils m'ont dit, « non, ils n'ont pas le droit, il faut que tu aies une discussion, il faut que tu enregistres. » J’ai dit que Je ne fais pas ça, ce n'est pas moi non plus. 

Après Galtier il s'en va, il part, mais Romeyer n'avait pas bougé, il n'avait rien dit. Pourtant, lui, il m’aimait. Et là, je le vois, il me dit : « il est parti, il te reste un an, tu restes, tu restes ». Je ne reste plus. J'ai passé deux mois enfermé à la maison, fini. Si je reste sur un truc comme ça, je vais broyer du noir, je ne serai pas à 100 %. « Il me dit, ah non, si tu pars, c'est pour pour 4 millions ». Non. Moi, je n'ai pas parlé à la presse, je n'ai jamais rien dit. Pourtant, j'aurais pu. Je n'ai jamais parlé, parce que ça ne regarde pas. Et par contre, je m'en suis servi pour partir à Metz. Et pas pour 4 millions. « Oui, c'est vrai que t'as été gentil » me dit Romeyer. Mais quand Metz a appelé, il voulait 3 millions. Je l’ai appelé.Il m’a ditr « Nolan tu fais chier, allez, 500 000 euros! » Je ne suis pas un vendeur de tapis moi.  Vous parlez de moi quand même. Un coup je vaux 4 M€, un coup je vaux 500 000 €. Je ne suis pas un chiffon. 

Je pars à Metz et on joue un Metz-Saint-Etienne. Trop bien ! C’était l’époque où les Verts avait pris Debuchy, M’Vila, Cabella, etc. car ça allait très mal. On est à Metz, dans un bon froid, sur un beau terrain. Je sais que Romeyer est là-haut dans les tribunes. J’ai toujours des bons rapports avec lui, mais ça fait partie du foot, on gagne 3-0 et forcément je marque, Je le regarde et je fais ça [il met son pouce dans le prolongement de son nez et bouge les doigts, ndp2] Il descend à la fin, il me dit « ah t'es chiant, t'es chiant ». On rigole et il me dit « tu ne veux pas revenir ? » Je lui dit « ah, là je vais aller dans le vestiaire pour dire bonjour à tout le monde parce que c'est mes copains mais après je ressors et je reste là. 

Financièrement, je crois que je perdais 80% de mon salaire. Mais je ne voulais plus jouer à Saint-Etienne. Même si je me sentais bien, je l'aurais fait ma dernière année, et c'est un entraîneur espagnol qui arrive, qui a été à Reims après, je sais plus comment il s’appelle. Il est connu, hein ! [Oscar Garcia, ndp2]. Et il arrive avec peut-être sa façon espagnole d'entraîner, donc préparation physique on ne court pas, on ne fait que du jeu, mais moi de toute façon, mon cerveau il n’était plus là. C'était juste une question de temps, je ne voulais plus.

Si j’en veux à quelqu'un à Saint-Etienne, au club, à Galtier ? Non, en fait j'en veux… En fait c'est vrai que se faire dégager un peu comme une merde sans qu’on te dise pourquoi… Qu’est-ce que jj'ai fait mal ? Alors soi-disant après, comme Galtier voulait partir, mais que le club ne voulait pas qu'il parte, il aurait fait un peu des choses pour que le président lui dise « non bah vas-y, maintenant va-t’en ». Donc je me dis, « est-ce que moi j'en faisais partie ? Dans le foot t'es gentil, tu prends. Mais moi tant pis, j'assumais. Je sais qu'il y a des fois j'aurais dû élever un peu la voix, apporter un peu de ce que j'ai fait, mon expérience, et je l'ai pas fait. Parce que du coup après, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tu vas jouer parce que t'as été secouer un peu dans le bureau ? Non. Tu ne me fais pas jouer, tu ne me fais pas jouer. Je vais te montrer que je peux jouer. Et puis même si je te montre que je peux jouer et que tu me fais pas jouer, bah tant pis. On s'arrête là et puis c'est tout. »

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