Mastres & Compagnie n°151 : Kishizo

Mastres & Compagnie n°151 : Kishizo

Son pseudo est un mystère (plus pour très longtemps), ce garçon est un mystère… Et pourtant, il fait partie du groupe indépendantiste dirigé par Fourina, autre mastre de Poteaux Carrés. Il s’occupe particulièrement de la propagande en tentant de rallier les jeunes foréziens désœuvrés par les subterfuges de l’Etat français.

Leur rôle est de réunir toutes les merveilleuses énergies du Forez et rediriger leurs feux vers notre territoire. Quadragénaire, marié, père de deux enfants et d’un chien westie, Kishizo aime la musique, le cinéma principalement silencieux, la peinture et la culture au sens large.

 

Pseudo : Kishizo

La petite histoire de ce pseudo date de mon inscription sur un forum dédié au son et à l’image. Au moment du choix, j’ai tout d’abord pensé à prendre le nom d’un porte-avions japonais C’était en relation avec les robustes électroniques de ma marque nippone fétiche : Accuphase. Tous les navires étaient déjà pris et je me suis dit que je n’étais guère original. L’idée m’est alors venue de prendre le contre-pied de mon impérialisme ridicule en bifurquant sur une petite histoire parallèle relatée dans un film de Nagisa Oshima : L’Empire des sens.

Le récit est l’histoire vraie d’Abe Sada, une jeune femme, ancienne geisha et prostituée, qui avait assassiné et châtré son amant dans les années 30. Elle fut condamnée pour meurtre et détérioration de cadavre à six ans d’emprisonnement. Mais l’opinion publique lui fut favorable et la considéra avec compassion. Pendant l’instruction de son procès, elle tenta de faire comprendre que toute cette histoire était une histoire d’amour, un « amour fou ». L’affaire fit sensation dans le Japon du milieu des années 1930 et reste l’un des meurtres les plus célèbres du pays. Kishizo était son amant et il n’est plus tout à fait entier.

 

Localisation :

Proche de la capitale des comptes du Forez, quelque part sous l’eau.

"De toute ancienneté, cette contrée que l'on nomme à cette heure Forez fut couverte de grands abîmes d'eau, et il n'y avait que les hautes montagnes que l'on voit à l'entoure, qui fussent découvertes, hormis quelques pointes dans le milieu de la plaine, comme l'écueil du bois d'Isoure et de Montverdun." Honoré d’Urfé

 

Premier match à Geoffroy-Guichard ?

Le vendredi 7 mai 1982 : ASSE 9-2 Metz. C’était la dernière journée du championnat et nous étions à la lutte avec Monaco, notre destin ne nous appartenait plus, il fallait gagner et avec un gros score. Nous l’avons fait mais Monaco n’a pas flanché.

 

Premier souvenir de supporter ?

Dès le samedi de la semaine suivante, le 15 mai 1982, lors de la retransmission télévisée de la coupe de France contre le Psg. PSG 2-2 ASSE (6-5 aux tab). Je me souviens encore de m’être caché derrière la télé de chez mes parents lors des tirs au but. J’étais seul à regarder le match. Mes yeux étaient humides. Maman passant par-là me dit : ce n’est pas grave, les Verts gagneront la prochaine fois. Si elle avait su que ce serait trente et un ans plus tard...

 

Qui t'a fait découvrir ce club ?

C’est mon oncle qui m’a emmené à GG contre Metz, mais il ne m’a pas fait découvrir le club. Dans la plaine, quand tu n’as pas d’idée de conversation avec une nouvelle connaissance, tu tentes de causer de l’ASSE. La soirée n’est souvent dès lors plus assez longue.

 

Joueurs Verts préférés (toutes époques confondues) ?

Moravcik sans doute, il est le joueur phare de l’équipe de ma jeunesse et j’aime ces joueurs de l’est jouant juste et très bons techniquement mais toujours avec l’économie du geste. Guillou également dans un autre style parce qu’un supporter stéphanois doit avoir du second degré. Il en faut pour avoir survécu aux années de galère du club. Lorsque l’attaquant adverse se présentait devant Guillou l’habitude était d’accompagner l’intervention d’une vocifération gutturale.

 

Autres clubs ou joueurs favoris ?

J’aimais bien Dragan Stojković pour son élégance et sa technique. Aujourd’hui hormis l’ASSE je ne suis pas beaucoup les autres équipes. Sauf celle de mon fils ainé qui joue en club, actuellement en catégorie U13 Excellence. J’attends avec impatience le week end pour le voir jouer.

 

Ton match des Verts le plus marquant.

Un derby gagné à Gerland, le dernier avant la disette, le 26 février 1993 : OL-ASSE (0-2). Je me souviens du parcage réclamant le feu d’artifice promis au début du match qui ne viendra jamais. Nous étions heureux d’avoir gagné et l’ambiance était fantastique. Le match de la canette de Papin avec la victoire contre les protégés de Tapie mais l’ambiance était un peu malsaine, c’était de la haine. Je me souviens d’un gars en kop nord montant sur les barrières pour exhiber un poster de Papin et le brûler devant un public en transe. C’est toute la dualité répulsion attirance pour une foule passionnée. Je préfère le chambrage et préfère les perruqués.

 

Enfiles-tu un maillot de Saint-Etienne quand tu vas au stade ou quand tu regardes le match à la télé ? Si oui, quel maillot ?

Non, je n’ai pas de maillot de l’ASSE mais une écharpe.

 

Connais-tu par cœur les paroles de la chanson mythique ?

A l’époque sans doute, mon disque 45 tours dort aujourd’hui à la cave. Je n’ai plus de tourne disque. Aujourd’hui avec ma mémoire de poisson vert, il doit me rester le refrain.

 

Carte blanche (quelque chose qui te tient à cœur ? une anecdote ? un coup de gueule ?....).

Parfois les supporters oublient que ceux d’en face leur ressemble étrangement. Ils ont des défauts et des qualités tout comme eux. La passion est bien mais il faut conserver la raison. Le foot n’a rien à faire dans la rubrique des faits divers, le match se déroule sur le terrain. On ne peut se plaindre sans cesse de dérives mercantiles du foot professionnel sans s'apercevoir que son propre comportement n’a rien à voir non plus avec le désintéressement de l'amateurisme.

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