22 août 1966 : Naissance de Rob Witschge   
Oui, je désire m'abonner à
L'éphéméride poteaux-carrés
Je recevrais chaque jour dans ma boite mail l'éphéméride
La newsletter poteaux-carrés
Je recevrais dans ma boite mail les newsletter poteaux-carrés quand elles seront envoyées
Pour vous désabonner, décocher l'élément que vous ne voulez plus recevoir et cliquez sur OK

Verticalité et mouvement

Premier match officiel de la saison - première victoire, premiers enseignements tactiques sur le style de jeu mis en place par le nouveau staff stéphanois.

Pour Nice, le style de jeu de la saison dernière et celui aperçu lors des tours préliminaires de la Ligue des Champions est celui d'une équipe qui aime avoir la possession, mais qui est surtout dangereuse à la récupération du ballon, soit haut, soit dans sa propre moitié (avec des contres rapides). Les déclarations d'Oscar Garcia laissent penser que c'est le style recherché pour l'ASSE aussi, mais avec plus de pragmatisme : si on n'a pas les joueurs pour ou si l'adversaire ne nous le permet pas, alors on ne cherche pas la possession. Au contraire, on s'adapte à l'adversaire, on appuie là où ça fait mal. Dans le cadre de ce match, une tactique basée sur de la verticalité dans le jeu - et une grosse solidité défensive quand on était privés du ballon.
 
 

Possession stérile

 
Le plan de jeu stéphanois a fonctionné à merveille contre Nice. Très tranchants et très dangereux lors de la première demi-heure, avec un but rapide et plusieurs possibilités d'aggraver le score par la suite - 5 des 7 tirs dans le jeu pour les Verts ont été effectué dans les 30 premières minutes. Après ce moment, Nice a pris le contrôle du ballon et a imposé des longue séquences de possession, mais très stérile - seulement 3 tirs dans le jeu sur tout le match. Le bloc stéphanois compact, très dense dans l'axe, a bien fonctionné et le score a été préservé. La capture d'écran ci-dessous montre le bloc bas des Verts :
 
 
 
Un 4-1-4-1, avec beaucoup d'effort de la part des milieux axiaux et des deux excentrés (Hamouma et Tannane) qui ont dû couvrir les latéraux niçois très offensifs. Cette capture est prise lors d'une incroyable phase de possession adverse, 92% pendant 4 minutes (entre 32ème et 36ème), les Verts n'ayant presque pas touché le ballon. Sur cette image du site whoscored.com, on voit en bleu les ballons touchés par Nice (qui attaque de droite à gauche) et en orange ceux de l'ASSE pendant cette action de 4 minutes :
 
 
Possession totale, dans le camp adverse... et aucun tir, aucune dangerosité. Le match de Nice dans une image.
 
 

De la verticalité

 
A l'opposé du jeu de possession stérile niçois, les Verts ont pratiqué un jeu très vertical, surtout pendant la première demi-heure. La verticalité des passes ne signifie pas forcément des contres - si les contres s'effectuent en général avec des passes verticales, on peut en pratiquer contre un bloc adverse en place. A titre d'exemple, à la 10ème minute une relance de Ruffier, via Perrin jusqu'à la pointe basse en ce moment, Dabo :
 
 
La ligne des milieux niçois est en place, mais la passe la transperce et Bamba est trouvé entre les lignes (l'action n'aura pas une suite intéressante, Dioussé perd le ballon). Cependant, si c'était si simple de traverser une ligne défensive avec une passe, tout le monde le ferait. Pour y arriver, il faut une préparation en amont et l'élément clé de cette préparation est le mouvement. Le but de la ligne des milieux qui défendent est de couper les angles de passe - pour les ouvrir il faut du mouvement, du ballon, mais surtout des joueurs.
 
 
A titre d'exemple, la toute première action offensive stéphanoise du match :
 
 
KTC lance Janko à droite et la recrue envoie une passe dans le couloir... pas pour Tannane, l'ailier qui pique vers l'axe, mais pour Bamba, l'avant-centre qui décroche à droite. Ces deux joueurs combinent en vitesse, Bamba se retrouve dans le couloir, mais comme il est bloqué, il revient en arrière :
 
 
Il faut noter en ce moment la position du défenseur central qui a suivi Bamba, mais aussi celle de Hamouma qui s'est placé en avant-centre. Le jeu repasse par KTC jusqu'à Selnaes, qui lève la tête...
 
 
... et voit Hamouma et Bamba libres dans l'axe, entre les défenseurs centraux, trop écartés. Il y avait un décalage à gauche, mais aussi dans l'axe, et la passe verticale traverse la ligne des milieux, sauf que le contrôle de Hamouma est fait dans la mauvaise direction et le ballon est perdu.
 
 
Par contre, même pas deux minutes plus tard, une autre attaque placée des Stéphanois, avec Selnaes qui donne le ballon à KTC, qui le donne à Janko à droite :
 
 
On remarque sur l'image ci-dessus le triangle pointe-basse des Verts, avec Dioussé et Dabo dans la ligne des milieux adverses, dans la moitié niçoise. Sous le pressing adverse, le ballon est envoyé jusqu'à Ruffier, qui relance avec Perrin et RPG de l'autre côté :
 
 
Dioussé descend pour offrir une solution, la ligne des milieux adverses est avancée - quant à Dabo, il est remonté en obligeant la ligne des défenseurs adverses de rester bas : un espace se crée entre les lignes (en gris clair). La passe de Dioussé pour Hamouma, dans cet espace, est l'illustration type de comment Jean-Claude Suaudeau décrivait le jeu vertical : "Recherche du joueur libre ? Non. Recherche du joueur lancé ? Non. C'est recherche du joueur lancé dans un espace libéré"
 
Cette merveille de passe qui traverse la ligne est accompagnée d'un incroyable jeu sans ballon :
 
 
Comme Hamouma part de son côté vers l'axe (dans l'espace libéré), Bamba décroche sur ce côté, obligeant ainsi la défense à coulisser... et laisser la place à droite pour Tannane. Par contre, dès que Hamouma a pu profiter des espaces entre les défenseurs pour lancer Tannane, Bamba repique dans l'axe et se retrouve à la réception de la passe pour l'ouverture du score.
 
 
En début du match les Verts ont vraiment fait mal aux Niçois, avec beaucoup de mouvement pour libérer des espaces et avec un jeu vertical qui a bien profité de ces déplacements. Cependant, c'est un style de jeu que les Stéphanois ne pouvaient pas maintenir longtemps, surtout en début de saison. Et Nice n'est pas une petite équipe, quand ils ont pris le contrôle du ballon, ils ont beaucoup fait tourner, ce qui a fatigué encore plus les milieux et les attaquants Verts. Et quand on court beaucoup après le ballon, dès qu'on l'a récupéré, on a un peu plus de mal à faire d'autres courses dans le vide pour créer des espaces... 
 
 
 

Conclusions

 
L'opposition de ces deux styles de jeu, verticalité pour l'ASSE, possession stérile pour Nice, est intéressante pour la suite. Il est clair que tous les matches des Verts ne seront pas approchés de la même manière. Ce jeu vertical n'est pas facile à mettre en place contre tous les adversaires - quand une équipe propose un bloc compact et bas, il faut vraiment beaucoup de mouvement (joueurs et ballon) pour découper ce bloc afin de trouver de la place pour les passes entre les lignes. Autrement dit, les Verts ne pourront pas toujours jouer tactiquement comme dans ce match et parfois ils se retrouveront dans la position de Nice - et là ils devront montrer un autre visage, plus tranchant, que leurs adversaires du jour. En attendant de voir ce que le staff stéphanois prépare pour ce genre de situation, les supporters peuvent profiter de cette belle victoire, maîtrisée tactiquement, et c'est ça le plus important.
 
 

 

Licence Creative Commons Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

 

 

 

par Pilou83, le 07/08/2017


A venir

25/08/2017 20:45

PSG - ASSE



Pas de panitrombi

cette semaine

forum boutique services palmares médias jelenivo archives version mobile
Pour nous contacter : contact@poteaux-carres.com
Pour contacter la rédaction : redaction@poteaux-carres.com