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Ephéméride du 14 Avril

Autre article à cette date : 14 avril 2000 : OL 0-0 ASSE
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14 avril 1976 : PSV Eindhoven 0-0 ASSE - Demi-finales de C1

L'Épopée des Verts n'a pas été forgée que par des victoires flamboyantes. La défense aussi a eu ses matches héroïques, Curkovic aussi a été le sauveur...

La feuille de match
Mercredi 14 avril 1976 - Coupe d'Europe des Clubs Champions - Philipsstadion (Eindhoven, Pays-Bas)
Demi-finale retour: PSV Eindhoven 0-0 ASSE 
Spectateurs: 22.000 - Arbitre : M. Taylor (Angleterre)

PSV Eindhoven: Van Beveren - Krijgh, Stevens, Van Kraay, Deyckers - W. Van de Kerkhov, Poortvliet, Van der Kuylen - R. Van de Kerkhov, Lubse (Dalqvist 73e), Edström (Deacy 46e). Entraîneur: Kees Rijvers
ASSE: Curkovic - Janvion, Piazza, Lopez, Farison - Larqué, Bathenay, Synaeghel - Rocheteau (Sarramagna 55e), H. Revelli, P. Revelli (Santini 76e). Entraîneur: Robert Herbin



L'avant-match
Un seul but d'avance.
Cela peut sembler insuffisant quand on estimait à deux ou même trois buts d'écart, la marge de sécurité nécessaire. Mais les Stéphanois ne sont plus à une gageure près. Ils veulent croire que le coup est jouable. Non sans raison.

C'est donc à Eindhoven que tout va se jouer. C'est là-bas que l'ASSE devra construire sa qualification pour la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions. Tout est encore à faire. Tout est encore possible. Sur le strict plan du résultat, Saint-Étienne n'a pas failli. La victoire à l'aller était nécessaire pour entretenir l'espoir mais l'essentiel est de ne pas avoir concédé le moindre but sur son terrain: "C'était en fait notre véritable objectif, et je préfère de loin ce 1-0, à 2-1 ou même 3-1", commentera Curko.



Edström face à Curkovic, un véritable match dans le match


Une opinion qui détonne sur l'atmosphère générale en demi-teinte qui régnait après la partie. Tout le monde était encore sous le coup de l'émouvante chevauchée contre Kiev, deux semaines auparavant. Avec l'espoir inconscient que le PSV serait un nouveau morceau d'épopée.
Comme si Saint-Étienne était une sorte d'abonné à l'épique...

C'est oublier que dans cette demi-finale, les données sont totalement inversées. Dans la mesure où les Stéphanois voyagent dans l'inconnu, sans handicap à combler, sans pari fou à tenir, sans avoir à courir après un but précis. Une situation nouvelle dont ils parviennent à se sortir sans avoir rien compromis.
Les Stéphanois savent exactement où ils vont et il existe toute une série de facteurs très évidents ou parfaitement subjectifs, qui peuvent étayer leurs espérances. En premier lieu, l'ASSE n'a pas réussi totalement son match. Même si l'entrée en matière et le coup-franc magnifique de Jean-Michel Larqué avaient annoncé une suite fabuleuse qui ne vint pas. Ce fut même inquiétant à chaque fin de mi-temps quand deux brutales baisses de régime remirent deux fois à flot une équipe du PSV assez malmenée.

"10 jours sans match, dit Robert Herbin, c'est probablement trop. Les joueurs ont également payé leurs efforts de la 1ère mi-temps. Ils ont été désorientés dès la reprise par les modifications tactiques de leur adversaire. Le match retour se présentera mieux: nous aurons une semaine de préparation après un match de championnat contre Troyes. 6, 7 jours, c'est la bonne distance. Utile aussi: le magnétoscope. A Amsterdam, nous avions filmé dans de mauvaises conditions".



Au match aller, les Verts l'avaient emporté sans panache


En tout cas, contre le PSV, certains joueurs ont été assez méconnaissables: Janvion, Piazza, Patrick Revelli, et même Larqué, tellement effacé après le repos. En matière de football, il existe un axiome selon lequel "on ne peut être mauvais deux fois de suite".
Sur un plan purement tactique, peut se lever un autre espoir: le PSV n’a pas manœuvré comme on le prévoyait généralement. On s’attendait à voir jouer les Hollandais en profondeur et attaquer à outrance selon leur réputation et l’image récente qu’ils avaient laissée d’eux contre l'Ajax, l’autre samedi à Amsterdam.
Or, Van der Kuylen, le maître à jouer, a intelligemment modifié la façon de procéder de l’équipe en utilisant plutôt un jeu latéral. Tactique qui a eu l’avantage de réduire considérablement la possibilité des contres stéphanois, même si elle diminuait d’autant le potentiel offensif du PSV.

Pour le match retour, le PSV doit revenir à un jeu plus naturel, plus conforme à son style et développer son football-total afin de mieux attaquer. Ne serait-ce que pour marquer les deux buts nécessaires à sa qualification. Le PSV sera donc plus redoutable offensivement, mais aussi plus vulnérable défensivement. C’est là que pourrait se trouver la clé du match retour.
Herbin effleure à peine cette éventualité après la rencontre mais il est clair que tout son plan de bataille sera conçu en fonction de cette chance qu’il faudra saisir: la contre-attaque. Et Saint-Étienne sait parfaitement la manier.

Au-delà de la confiance de circonstance, on peut saisir au détour d’une conversation ou d’un sous-entendu, qu’il y a chez les joueurs stéphanois et leur entraîneur quelque chose comme de la gourmandise dans l’attente de ce match retour. Comme s’ils préparaient leur revanche et qu’ils pensaient avoir la possibilité de l’obtenir à Eindhoven. Là où on ne les attendra plus.
"Moi, j’aime plutôt qu’on croie notre tâche impossible, dit Rocheteau. Cela ne sera pas la première fois. Mais chaque fois, cela a agi de manière extrêmement positive sur nous. On se sent plus proches les uns des autres. Plus soudés. C’est encore un coup tout à fait jouable…"
C’est jouable, en effet, mais l’ASSE devra être encore à l’heure de son rendez-vous avec l’exploit. Et au bout, la qualification pour la finale de la C1 du 12 mai à Glasgow.



Dominique Rocheteau déborde Adrie Van Kraay à Geoffroy-Guichard


Pour les Stéphanois, l’équation de ce match retour à Eindhoven est simple: ils ont un but d’avance ce qui, généralement dans ce genre de compétition, n’est pas un avantage suffisant, surtout quand il s’agit de disputer le match retour chez l’adversaire. Pour eux, apparaît une obligation: marquer un but au PSV. Ce qui ne semble pas une tâche insurmontable. Reste à savoir si la défense stéphanoise pourra tenir face au football total des Hollandais.

Le Sphinx l’a dit: "Saint-Étienne ne pourrait trouver son salut en s’acharnant uniquement à défendre son but d’avance."
C’est donc la promesse d’un match retour ouvert dont la première demi-heure risque d’être capitale. Le PSV aura bien sûr logiquement la faveur du pronostic. L’équipe de Kees Rijvers sait attaquer. C’est même son image de marque. Eindhoven semble être une exception dans le football européen bien souvent trop calculateur et défensif. Les frères jumeaux Van de Kerkhof, Edström le Suédois, et Van der Kuylen, sont des attaquants et des buteurs. L’ASSE devra donc supporter des offensives en rafales.
Mais les Stéphanois veulent croire que cette débauche d’attaques peut leur servir par contre-coup et qu’il leur faudra alors savoir profiter d’une faille qui se présentera forcément dans le système du PSV dégarni. Des hommes comme Rocheteau ou les frères Revelli en contre-attaque, peuvent qualifier Saint-Étienne. De même que le maître Larqué, spécialiste des buts sur coup-franc.

Quinze jours durant, Curkovic parle sans arrêt des joueurs néerlandais à ses coéquipiers. Le soir, il s'endort même avec eux... Van der Kuylen, Edström, Lubse et les deux Van de Kerkhov meublent ses rêves. Des amis yougoslaves se sont rendus aux Pays-Bas afin d'espionner les gens du PSV. Ils lui fournissent de précieux renseignements sur chaque joueur. Curko noircit son carnet de notes. Quand ils arrivent à Eindhoven, les Verts sont terriblement concentrés. Ils se font une montagne de la dernière étape vers la finale de Glasgow. Une espèce d'angoisse les étouffe. Mais c'est bon signe.



Ivan Curkovic s'envole dans le ciel du Philipsstadion


Le Saint-Étienne de l'époque, c'est une âme, un esprit, une unité... Et c'est au nom de l'esprit qu'on se renforce mutuellement dans la conviction que le coup est jouable. Les Hollandais, qui ont pris l'habitude de dévorer quiconque se présente sur leur terrain mascotte d'Eindhoven (le grand Ajax en a conservé un souvenir cuisant en championnat) sont particulièrement confiants avant la venue de l'ASSE et ne pensent pas qu'ils puissent être contrariés dans leurs ambitions. Dans les rues, les supporters du PSV, goguenards, arrogants, accostent leurs homologues stéphanois et leur montrent main ouverte: PSV 3-0 ASSE. Les partisans français, qui font grand tapage, se contentent de hausser les épaules mais ils ne sont pas très rassurés.

Saint-Étienne est maintenant aux portes de la finale de la C1. A 90 minutes près ou à 120 dans le cas d’une prolongation. Deux heures pour la gloire. L’ASSE encore une fois embarquée dans un voyage pour l’impossible. Un but d’avance à préserver et faire fructifier face au PSV. Une magnifique dramatique pour 21.000 spectateurs hollandais, quelques milliers de supporters français qui ont effectué le déplacement et quelques millions de téléspectateurs.

Le stade d'Eindhoven n'a rien à voir avec les cathédrales de béton du football européen: Glasgow, Munich, Londres, Madrid, Milan, etc... C'est un écrin, un petit joyau, avec ses lumières blanches et crues, qui donnent à la pelouse une allure de tapis synthétique. Et l'on découvre cette petite horloge électronique accrochée au toit métallique d'une tribune, à l'aplomb du rond central.

Pour Saint-Étienne, le contre-la-montre commence à 20H30.



Les 11 héros d'Eindhoven


Les faits du match
Dominique Rocheteau et Gérard Farison lancent le match avec un tranchant et une détermination qui en disent long sur les intentions des Verts. Tout de suite, le combat est acharné, impitoyabe. On se bat, à la loyale, aux quatre coins du terrain. La réplique néerlandaise est terrifiante.

Dans les premières minutes, la défense stéphanoise forme un camp retranché. C'est d'abord un tir de Willy Van de Kerkhov sur lequel Curko se détend: corner. 30 secondes plus tard, Ralf Edström, l'immense Suédois qui fut une grande figure de la Coupe du Monde 1974, s'extraie de la masse et place une superbe tête. Nouvelle envolée de Curkovic qui repousse des deux mains.
Deux arrêts capitaux.
Après coup, Curko avouera: "Je me sentais léger ce soir-là, terriblement sûr de moi... Je crois beaucoup à la transcendance des êtres. A Eindhoven, j'ai compris immédiatement qu'il n'arriverait rien de grave à Saint-Étienne. Bien au contraire..."



Curkovic se montre impérial dès les premières minutes face aux attaquants néerlandais


La suprématie des Hollandais est complète, totale, et l'on s'attend à l'égalisation rapide sur l'ensemble des deux matches. Pourtant, rien ne vient, même si le PSV, faisant penser à l'élan irrésistible de l'équipe nationale des Cruyff, Neeskens et Rep dans la dernière Coupe du Monde, pratique bien le football total si cher à Stefan Kovacs, l'ancien entraîneur de l'Ajax. Mais l'ASSE aussi pratique son football total et brise où il faut et quand il faut les offensives élaborées depuis l'arrière.

Mieux, à la 30e minute, les Verts s'offrent une occasion franche et nette d'ouvrir la marque. Patrick Revelli transmet à son frère Hervé qui détourne fort habilement sur Rocheteau, dont le tir rase le montant du but de Van Beveren. Rocheteau plonge son adversaire direct, Deyckers, dans l'embarras permanent. Ne s'affolant jamais, pensant le jeu à la perfection, utilisant très adroitement le piège du hors jeu, l'ASSE s'oppose avec intelligence aux assauts désordonnés, impétueux des joueurs de Rijvers. Surpris, gêné en effet par la puissance collective des Verts, le PSV, ne sait plus très bien comment agir. Attaquer bien sûr, mais défendre aussi car Rocheteau, sur talonnade de Hervé Revelli, vient de placer un tir fulgurant juste à côté du montant. La maîtrise technique des Stéphanois fait merveille.



Jean-Michel Larqué fait passer des frissons dans l'arrière-garde du PSV


Curko est royal et Rocheteau, par ses percées rageuses, saccadées, balle rivée au pied, constitue un danger permanent pour la défense hollandaise. Mobilisant constamment deux arrières dont Deyckers, redoutable contre-attaquant, il ne permet pas au PSV de s'exprimer avec son aisance habituelle dans le jeu d'attaque. Juste avant la mi-temps, Edström, très en vue par ses prodigieux coups de tête et ses remises dangereuses, est touché au visage sans que les observateurs ne prennent véritablement conscience de la dureté de ce coup. De son côté, Patrick Revelli expédie un tir formidable qui prend le chemin de la lucarne. L'excellent Van Beveren se détend en deux fois et détourne miraculeusement.


Ivan Curkovic héroïque dans sa surface de réparation


0-0 à la mi-temps, c'est la moitié du chemin vers la finale, mais on se doute que la PSV n'a pas l'intention d'abdiquer si rapidement.
Surprise en seconde mi-temps: Edström, qui avait été touché à la 15e minute dans un choc avec Curkovic, ne réapparait pas sur le terrain. C'est l'Anglais Deacy, le joker de Rijvers qui fait son entrée sur le front de l'attaque. Et l'on repart pour 45 minutes de duel sans merci.

Saint-Étienne paraît déterminé à aller jusqu'au bout de son aventure. Les Verts ne se sentent pas le droit d'échouer à une portée de la finale. Survient alors la fausse joie de la 49e minute.
Hervé Revelli, en position d'ailier droit, centre pour Rocheteau, dont le tir instantané, percute la transversale avant de mourir dans le but de Van Beveren. Rocheteau lève les bras, Hervé Revelli se précipite vers le banc de touche, étreint longuement Pierre Garonnaire qui a jailli sur la pelouse. Mais l'arbitre anglais, M. Taylor, refuse le but. Il a vu, et il est bien le seul, Rocheteau en légère position de hors-jeu.



Van Beveren est tout heureux de pouvoir récupérer le ballon dans ses filets sans conséquence


Après cet exploit mal payé, Rocheteau blessé quitte le terrain, remplacé par Christian Sarramagna. Ce double coup du sort peut être de nature à traumatiser l'ASSE. Elle y puise au contraire des ressources nouvelles. Dès lors, le match ne vaut plus que par la tension extrême qui pèse sur les 5 dernières minutes. Les Verts ont l'oeil aimanté par la fameuse pendule qui crachote des minutes et des secondes qui semblent interminables.

10 fois, Ivan Curkovic est menacé d'être battu. 10 fois, il se brûle les doigts sur des ballons de but mais il brûle les illusions du PSV. L'arbitre siffle enfin. Saint-Étienne en finale !!!!! 17 ans après le Stade de Reims....


Ils ont dit
Robert Herbin: "Nous nous attendions à un match très dur. Il le fut, mais notre solidarité s'est exprimée à la plus haute dimension. Sans jouer une défense à l'italienne, nous avons manoeuvré intelligemment. Le piège du hors-jeu a fonctionné à merveille et l'on se souviendra toujours de la grande partie de Curkovic. Ce match fut l'un des meilleurs sur le plan tactique."

Christian Lopez: "Les Hollandais avaient peur surtout de prendre un but dans la première mi-temps. C'est pour cela qu'ils n'ont peut-être pas osé pousser leurs actions jusqu'au bout. Ils craignaient de se découvrir. Il fallait que pendant ce temps-là, nous tenions. Nous avons réussi à le faire. Ensuite les Hollandais voyant l'horloge tourner, ont pris des risques et sont allés plus loin. On les attendait."


Congratulations unanimes pour Curkovic, le grand artisan de la qualification


Dominique Bathenay: "Personne n'est passé à côté du match, et c'est important. Il n'y a pas eu de défaillance, pas de trous comme on dit. Ensuite, nous étions à l'aise car nous avions tous un objectif, nous connaissions tous la tâche qui nous revenait. Jamais nous ne nous sommes affolés. Nous savions où nous allions."

Kees Rijvers: "Saint-Étienne méritait de parvenir en finale car nous n'avons pas su marquer les buts nécessaires. Mon équipe a perdu sa concentration après le coup d'Edström, qui a du quitter le terrain à la mi-temps, ce qui fut une catastrophe pour nous. C'était notre meilleur homme et il pouvait changer le résultat. Cela dit, Saint-Étienne a opéré très posément, sans jamais s'affoler et en contrôlant très bien ses actions."

Quelques minutes après la rencontre, on apprenait que M. Valéry Giscard d'Estaing, le Président de la République, avait adressé le télégramme suivant à M. Durafour, maire de Saint-Etienne, à la suite de la qualification des Verts: "Merci Saint-Étienne d'avoir amené la France en finale. Très cordiales félicitations, Valéry Giscard d'estaing".


La défense stéphanoise aura été héroïque tout au long des 90 minutes au Philipsstadion


Sources
- La fabuleuse histoire de Saint-Etienne : Gérard Le Scour - Patrick Mahé - Robert Nataf
- Coupe d'Europe Story Les Verts 1957-1981 - RTL - Patrick Mahé, Dominique Grimault
- ASSE Vice champion d'europe 75-76
- Onze Mondial

par Curko76, le 14/04/2018

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