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Le combat des ultras

Par la voix de leurs réprésentants Ben (Magic Fans) et Tom (Green Angel), les ultras stéphanois ont tenu aujourd'hui une conférence de presse pour expliquer leur combat, qui mérite bien la une de notre site !

"Depuis cinq ans on n'a plus aucun contact avec les médias, en tout cas c'est très très rare. Pourquoi ? C'est qu'il y a beaucoup de désinformations à travers beaucoup de faits de violence, sans doute parce que c'est plus vendeur. La violence existe mais elle est de plus en plus rare. On n'est pas des enfants de chœur, on n'est pas là pour faire les pleurnicheuses, mais la violence est minime. Pourquoi vous ne parlez pas de nos opérations caritatives, de nos tifos, de nos banderoles, de nos messages revendicateurs ? De façon générale, les médias parlent surtout de ce qui fait vendre. C'est sûr que ça doit être plus vendeur de parler du cas Neymar que de notre banderole pour la Ligue contre le cancer, mais nos valeurs se retrouvent à travers le football populaire. Nous sommes des ultras inspirés du mouvement italien des années 70. Etre ultra, c'est différent d'être hooligan. Que ce soit les Magic Fans ou les Green Angels, on ne fait pas de free fights dans les bois ou autres, ce n'est pas notre délire. On encourage Sainté, nos couleurs, notre maillot, notre club, dans la défaite comme dans la victoire. C'est ça être ultra. On crée des tifos, on fait des déplacements, on est entre potes. On défend nos couleurs et notre territoire. Nous animons des tribunes populaires, vecteurs de solidarité et d'éducation pour les jeunes. Il y a un fait social et humaniste à travers nos tribunes. C'est ça qu'il faudrait relater plutôt que les violences minimes de notre mouvement.

 

Les IAS ont frappé nos deux groupes suite au Sainté-Rennes du 8 avril dernier. Il y a eu une violation de huis clos, certes, pas sanctionnée pénalement, le club n'a pas été sanctionné non plus par la Ligue mais on en a subi les conséquences à travers les interdictions administratives de stade qui sont tombées sur les têtes et les meneurs de chaque groupe. Il n'y a eu pourtant aucune dégradation. Avons-nous touché la préfecture dans son estime le jour des élections présidentielles ? Aujourd'hui en 2017 nos droits sont bafoués. Il n'y aucun dialogue avec les pouvoirs publics, avec la Ligue. Les IAS, Interdictions Administratives de Stade, ont été créées en 2007. Elles permettent aux préfectures, en prévention de troubles à l'ordre public, d'interdire quelqu'un de stade. L'interdiction peut-être d'une durée de deux ans, voire de trois en cas de récidive. Cette mesure s'accompagne toujours d'une procédure de pointage. Pour en revenir au match contre Rennes, les 20 interdits stades sont sanctionnés par le préfet, qui a été blessé dans son orgueil d'avoir fait déplacer des policiers alors que nous étions déjà parti du stade. 

 

Pourquoi 20 IDS alors qu'il y avait 250 personnes dans la tribune ? Pourquoi ces 20-là, pourquoi les responsables de groupe qui sont aussi une force pour les préfectures et les clubs parce que ces mêmes responsables sont dans la gestion des flux, dans la gestion des foules mais aussi dans l'organisation des déplacements et des animations. On ne comprend pas l'intérêt qu'a la police se priver de ceux avec qui elle dialogue et qui font que tous les troubles à l'ordre public peuvent être prévenus. On voit bien que les décisions sont arbitraires. On a pris les noms d'anciens IDS, les noms de leaders. Dans certaines procédures, il n'y a même pas de photo. On nous a dit : "de toute façon, vous ne pourrez rien faire, c'est la parole de la police qui vous a formellement reconnus à ce moment-là." Pour l'anecdote, on a un de nos amis qui n'était pas venu au stade depuis deux ans et demi mais il quand même reçu une interdiction de stade.

 

On va attaquer toutes ces IAS devant le tribunal administratif, qui va juger, premièrement, de la suspension ou non de ces arrêtés-là, et après on aura un jugement au fond. Ce jugement intervient souvent des années après, donc on va effectuer les sanctions, on va aller pointer tous les week-ends. On a vu ce qui s'est passé avec les Nantais, avec les Parisiens, avec les Niçois, on sait que ces interdictions vont tomber devant le tribunal car il y a des problèmes administratifs. Mais cela ne nous enlèvera pas nos sanctions, on n'ira pas chanter pour les Verts pendant 6 mois, 9 mois ou un an. Au final, ces 20 interdictions qui sont prises de façon enfantine  par le préfet, on va récupérer des dommages et intérêts dessus parce qu'on doit payer nos avocats. Que tout le monde sache bien qu'au final c'est le contribuable qui va payer.

 

L'ASSE a joué l'an dernier 53 matches en 11 mois. Cela fait donc plus d'un pointage par semaine pour avoir juste pénétré pacifiquement dans une tribune. On pense clairement qu'il y a une totale disproportion avec cette obligation de pointage. Il y a d'autres moyens de vérifier que l'on ne soit effectivement pas présent au stade. On a entre 20 et 35 ans, certains ont des enfants. Il y a des chefs d'entreprise, des étudiants. Il y a des gens de 22 ans qui subissent cette contrainte alors que ce n'est pas le cas d'individus qui mettent en danger l'intégrité de la nation. Que ce soit pour les IAS ou pour les interdictions de déplacement qui sont souvent visées par l'état d'urgence, on voit que nous supporters on est un peu le laboratoire de cet état d'urgence, et on va l'appliquer après sur des catégories de personnes. On est les premières victimes de cet état d'urgence, que ce soit pour notre liberté de déplacement ou dans le sens où 20 personnes vont devoir aller pointer toutes les semaines comme des gens qui sont dangereux pour l'intégrité de l'état. On pourrait même nous qualifier de sous-citoyens. Vous les médias qui êtes devant nous aujourd'hui, avez-vous l'impression d'avoir affaire à des illettrés, à des QI de poule, à des buveurs de bière invétérés ?

 

Il y a aujourd'hui un match à huis clos contre Nice à cause de la pyrotechnie. Et sûrement une deuxième tribune vide pour le deuxième match à Geoffroy-Guichard, le kop sud. La pyro est sanctionnée. Depuis des années on a le droit à ces réflexions, ou pourrit la vie de certains quand on craque un fumigène. On ne pleure pas, on assume, ça fait partie intégrale de notre mentalité, on peut dire qu'on n'arrêtera jamais. On fait le premier pas quand l'ASSE nous a conviés à une réunion avec deux messieurs en cravate bien blanchis  pour nous parler de la Ligue.  On a essayé de rentrer dans un dialogue mais leur première phrase a été : "on ne parle pas de fumigène car c'est interdit." On appelle ça un monologue. Ils sanctionnent alors qu'ils font des spots publicitaires, c'est magnifique pour le peuple. A travers ça on désinforme tout le monde.  Où va l'argent que la Ligue demande à notre club ? C'est une bonne question, personne ne l'a posée. On en a même parlé avec Monsieur Boutonnet, ex- de la DLNH. Zéro dialogue, comme pour ses confrères de la Ligue. On ne peut pas rentrer dans un débat  quand on ne discute pas. La LFP sanctionne à tout va sans logique, sans chercher à dialoguer. La Ligue fait preuve d'une hypocrisie totale. On incite les gens à aller au stade, il y a eu des campagnes. On a vu que la Ligue voulait punir les clubs qui ont des tribunes vides. Aujurd'hui l'ASSE va être sanctionnée une seconde fois parce que ça ne fait pas joli sur beIN Sports ?

 

Le problème est bien plus profond que ça. Le mouvement ultra existe depuis 1984. Les phénomènes de supporterisme ont traversé ces trois décennies. Mais en fait il n'y a jamais eu de volonté de dialogue de la part des instances. Avant on ne parlait que de la Ligue ou du Ministère. Là on parle des préfectures, on parle de la DNLH. Aujourd'hui la Ligue a imposé des officiers supporters aux clubs. Les clubs ne l'ont même pas mis en place et l'ont pris avec un  mépris total. On n'a pas envie de prendre en compte les supporters comme véritables acteurs du football. On a une DLNH qui confond ultras et hooligans. Nous on se pose comme un acteur du football. Pourquoi on ne viendrait pas nous demander ce qu'il se passe sur le terrain ? Pourquoi on ne vient pas nous dire : "Comment on peut agir ensemble pour autoriser les déplacements et pour faire en sorte que la situation soit vivable pour tout le monde ?" Nous on est interdits de stade parce qu'on a revendiqué quelque chose. On est victime de l'état d'urgence et ça empiète sur toutes nos libertés.

 

Il y a dix ans, on ne se posait pas la question de savoir si une banderole pouvait entrer au pas dans un stade. Aujourd'hui, si on a envie de critiquer la Ligue, ça ne rentre pas. Si on a envie de dire que la DLNH est incompétente, ça ne rentre pas. Avec toutes ces petites privations de liberté, on en arrive à la situation d'aujourd'hui, à être rassemblé sur une place à Saint-Etienne pour contester ces mesures-là alors qu'on devrait être en train de faire la fête et de supporter notre équipe ce soir. Ces dernières années, on parle beaucoup du modèle allemand, qui déplace des foules et des foules. A Saint-Etienne on n'est pas capable de le faire ? On l'a bien fait ! A Manchester on était plus de 3 000. Est-ce qu'il y a eu un incident de relaté ? Y'a rien eu ! Il peut y avoir des incidents, ça s'appelle du mouvement de foule. Il peut y en avoir ailleurs que dans le football. Aujourd'hui il y a déjà des arrêtés préfectoraux qui sont sortis pour Nantes-Marseille et Nîmes-Nancy. Avec l'état d'urgence, on arrive à déplacer les foules pour l'euro. Et aujourd'hui on n'arrive pas à faire déplacer 100 Nancéiens à Nîmes ?

 

Quand on se déplace, y'a plus de condés, plus de flics que de bonhommes. On est parqué. Ils pondent des arrêtés ministériels à tout va, on essaie de les contrer mais on n'a pas assez de recul. Pourtant on prend de bons avocats mais derrière ils sont assez malins pour que ça saute. Ils limitent le nombre de supporters autorisés à se déplacer. On est dans le bus, on va à Marseille. On nous bloque au péage. On est beaucoup moins nombreux qu'il y a dix ans. Avant on faisait dix bus, on est fait trois. Ils nous laissent pendant trois heures. On a envie de pisser, on est des hommes, y'a même des femmes. On est des humains. On a envie d'aller aux toilettes, de prendre l'air. On n'a pas envie d'être asphyxiés. Et puis on va voir un match de foot bordel, on a envie d'être en liberté ! Ils nous parlent de valeurs républicaines et ils nous laissent moisir deux heures et demi dans un bus, y'a quand même un décalage ! On ne peut plus accepter ces conditions.

 

Notre but, aujourd'hui, ce n'est pas de toucher que les supporters, c'est de toucher tout le monde ! On fait un pas en avant vers tout le monde car on a un combat à mener. Ce combat-là, on sait très bien qu'on ne le gagnera pas tout seul car il est mi-politique, mi-football, mi-business. On aura besoin de tous, des médias, du peuple vert, de tous les ultras. A l'échelle nationale aussi. Il y a une association qui est l'ANS et qui essaye de faire bouger les choses. Pour l'instant notre combat il est local, il est pour Sainté. On est allé dire à l'ASSE qu'il fallait communiquer en notre faveur. C'est sûr que c'est dur, ils ont la Ligue sinon contre eux. Mais ils l'auront dans tous les cas. Ils ont bien vu les amendes qu'ils prennent. On ne leur dit pas d'être de notre côté, mais d'afficher un soutien pour ses supporters et ses ultras. Le président de l'ASSE s'intéresse de plus en plus à notre histoire. Certes avec un peu de retard mais il le fait. On a bien vu le communiqué pour Nice où il souhaitait la présence des supporters niçois. Il faut que l'ASSE et tous les supporters, qu'ils soient ultras ou pas, soient solidaires.

 

En face de nous, on a les pouvoirs publics et on a la Ligue. Mais c'est notre combat. On a conscience qu'il n'est pas gagné d'avance mais franchement on ne lâchera rien. Regarder la L1, les stades sont vides. Ils vont mettre des amendes pour les stades vides. C'est du foutage de gueule ! Ils mettent des amendes pour les stades vides mais c'est eux qui vident les stades ! Ils nous bassinent, ils nous tapent sur la tête, ils désinforment. Le peuple ne sait plus où aller. A nous d'être meilleurs aussi, d'être de plus en plus cadrés. On n'a plus le droit à l'erreur. Maintenant pour un petit grabuge, le mec il voit sa vie gâchée donc on est vigilant. On essaye d'être intelligent. Vous n'avez pas des abrutis en face de vous, on reflète nos groupes. Le but c'est d'aller de l'avant tous ensemble. On ne lâchera rien ! Il faut bien que la préfecture, les pouvoirs publics l'entendent, et la Ligue surtout. On ne lâchera rien car on a on a des valeurs et des principes, et qu'on ira au bout de ces valeurs et de ces principes !"

 

 

par aloisio, le 05/08/2017


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