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Ephéméride du 31 Décembre

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31 décembre 1972 : Naissance de Gregory Coupet

La mobilité géographique n’est pas le fort de Grégory Coupet. Né et formé au Puy en Velay, il fera moins de 100 kilomètres pour rejoindre l’ASSE, et à peine 60 pour aller ensuite faire carrière chez les Vilains. C’est peut-être pour cela que le Milan ou le Barça n’ont jamais pensé à lui...

C’est entre lentille et verveine que le petit Grégory naît au Puy-en-Velay en 1972. La légende raconte qu’il lève sa première coupe (de champagne) dès son arrivée au monde, pour fêter la nouvelle année, le 31 décembre. Signe du destin ?

Son père était gardien de but, à Hazebrouck (59) en deuxième division puis au CO Puy-en-Velay, alors lui sera aussi gardien. Vivant à Lissac (43), c'est naturellement qu'il intègre le centre de formation du COP en 1977 où il reste plusieurs années. A cette époque, Greg n’est pas encore millionnaire: il prépare un BEP/CAP de comptabilité et a comme "entraîneur" Christophe Breton, plus connu pour sa carrière comme médecin orthopédiste que pour ses facultés à garder ses cages inviolées.



Le petit Gregory, en jaune, au Puy en 1980


A 17 ans, après avoir remporté un stage de détection organisé par Jean Castaneda, il quitte sa province et débarque dans le meilleur club de la région, l’ASSE: "Tu arrives au stade et te retrouves dans un petit vestiaire avec une quinzaine de types que tu ne connais pas. Mais c'est tout de même le stade Geoffroy-Guichard, ça me prend à la gorge. Le vestiaire est situé sous les tribunes, c'est impressionnant ! Bien entendu, j'ai le trac, je me dis que j'y arriverai jamais, tous les autres gardiens sont beaucoup plus costauds que moi. Malgré le stress, le test se passe bien"
Ses prestations en équipe réserve, coachée par un certain Elie Baup, et son travail avec Jeannot Dées, avec lequel il entretiendra toujours d’excellentes relations, lui permettent de débuter dans l’élite le 26 mars 1994 contre Angers, pour une victoire 2-0.
Il a alors 22 ans mais malgré ce début encourageant, Gregory ne disputera pourtant que quatre rencontres lors de cette saison 1993-94: "Je n'imagine pas qu'on puisse me donner ma chance. Je ne me pose même pas la question. Devant moi, il y a deux gardiens qui ont déjà tout prouvé: Joseph-Antoine Bell et Robin Huc. Je ne suis rien à côté d'eux, je n'existe pas. (...) Je ne crois donc pas à une place dans les buts mais je me tiens prêt. Au cas où. Ça se produit au mois de janvier, lors d'un match amical. Je m'installe peu à peu chez les pros."



Coupet débute en 1994 avec les pros face à Angers (photo le Progrès)


Joseph-Antoine Bell ayant arrêté sa carrière sur un retentissant 3-0 contre l’OL, Coupet devient la doublure de Robin Huc dés la saison suivante puis très rapidement (bien aidé en cela par le niveau très discutable de ce dernier), le titulaire régulier. Une blessure au poignet à l’entraînement freine malheureusement sa progression. Devenu n°2, Huc le supplée tant bien que mal mais Coupet reprend sa place de titulaire la saison suivante, en 1995-96 et dispute la bagatelle de 36 matches sans pouvoir sauver les Verts de la relégation. C'est une période où à l'inverse de son équipe, il brille dans les cages stéphanoises, repoussant par ses exploits des défaites inéluctables et offre même plusieurs prestations de grande qualité dont un match exceptionnel lors du derby à Geoffroy (1-1), qui ne passera pas complètement inaperçu pour les visiteurs de cette soirée-là.

L'ASSE reléguée, Grégory est moralement atteint par ce premier échec qui débute sa carrière: "Descendre en deuxième division avec Saint-Etienne demeure une tache indélébile. Comme si tu étais couvert de honte. A l'époque, je suis profondément abattu, je me rabâche à longueur de temps que je viens de participer à la déroute d'un monument du football français. Lorsque tu es jeune et que tu descends en D2, tu repenses à tout ça. Le seul côté positif, c'est que tu prends des annnées d'expérience dans la gueule. Depuis ta plus tendre enfance, on t'explique que le football est synonyme de plaisir, et là, tu ne procures que du malheur. Le contraste est saisissant..."
Greg découvre alors la seconde division, mais pas pour très longtemps.



Coupet et son ami Potillon ne sauront empêcher la chute de l'ASSE


En décembre 1997, il est en effet contacté par l’OL, à la recherche du remplaçant du turbulent Pascal Olmeta. Le rapace Aulas sait que les Verts ont besoin d’argent et ne recule devant aucun sacrifice pour ce club qui lui est si sympathique, allant même jusqu’à proposer Jean-Luc Sassus en guise de monnaie d’échange. La rumeur raconte (?) qu’il souhaita même payer la valeur marchande du transfert du jeune espoir en plusieurs fois, pensant que les Verts déposeraient leur bilan avant terme, lui permettant ainsi de se libérer de ses obligations… Bien que les supporters des deux camps vivent mal ce transfert, la somme de 7MF versée par l'OL est alors une manne inestimable pour le club stéphanois.
Au total, Grégory aura gardé par 96 fois les cages de l’AS St-Etienne avant de faire la périlleuse traversée de l’A47. Il abandonne son poste à un jeune gardien de but de 19 ans qui, lui, restera bien plus longtemps dans le Forez: Jérémie Janot.


Gregory Coupet en 1997, sa dernière saison à l'ASSE


Son arrivée à Lyon, auprès d’un public qui avait longtemps préféré Domenech à Chiesa ou sifflé Sonny Anderson lors de ses débuts, est houleuse. Il arrive de Saint-Etienne, doit faire ses preuves et surtout, vient remplacer Pascal Olmeta, l’idole incontestée de Gerland. Coupet représente alors le voisin pestiféré qui vient prendre sa place: "Lors de mon premier entraînement, comme le terrain est impraticable à cause des conditions climatiques, tous les joueurs filent sur un synthétique, où il n'y a aucune séparation entre joueurs et supporters. Au bout de quelques minutes, un petit match s'organise et Alain Caveglia me marque un but. Derrière moi, j'entends: "Tu vois ça, c'est un but de Lyonnais, enculé de Vert." Je ne réagis pas, je ferme ma gueule, sinon je sais que mon aventure à l'Olympique Lyonnais s'achève au bout d'une journée"
En 1996-97, il joue 18 fois dans les cages de l’OL. La qualité de ses prestations, aussi bien en championnat qu’en Coupe UEFA, finissent par convaincre même les plus irréductibles car, après tout, qu’y a-t-il de plus volage que l’avis d’un supporter de foot, lyonnais de surcroît ?



Une parade miraculeuse face au Barcelone de Rivaldo


En 2000, l’arrivée de Joël Bats, son idole de jeunesse, en tant que préparateur des gardiens, lui permet de passer un nouveau cap. Il gagne la Coupe de la Ligue en 2001 et devient également international en juin de la même année, lors d'une défaite 1-0 en Australie.
C'est aussi à cette époque, en 1999 qu'il redécouvre le Chaudron, quitté 3 ans plus tôt. Les Verts sont à nouveau en D1 et les deux derbies à Geoffroy-Guichard restent deux mauvais souvenir pour lui. Tout d'abord parce qu'il se fait crucifier par Pédron à deux reprises et ne peut ramener la victoire (1-1 en 1999, 2-2 en 2000) mais également car l'accueil très hostile que le public stéphanois lui réserve le surprend et le déçoit: "Mon plus mauvais souvenir à Geoffroy-Guichard, c'est mon retour avec le maillot de l’OL. Je ne m’attendais pas à être conspué comme cela, même si je le comprenais. Les jeunes qui ne m’avaient pas connu en vert, ne voyaient en moi que le Lyonnais, c’est normal. Mais je n’ai jamais craché sur Saint-Etienne, au contraire. Cela m’a d’ailleurs mis en porte-à-faux avec les supporters de l’OL. Mais c’est ainsi, c’est mon caractère"



Retrouvailles avec l'ASSE de Jérôme Alonzo lors du derby 1999


Il enchaîne les bons matches, se fait remarquer en Champion's League et gagne des titres. Lyon devient champion pour la première fois en 2002. C’est donc, tout naturellement, qu’il participe à l’"épopée" coréenne des Bleus cette même année comme troisième gardien. En 2001 et 2003, il remporte deux Coupes des Confédérations et devient le remplaçant attitré de Barthez, jouant sur des terrains champêtres de Chypre, de Bosnie ou des Féroé lorsque ce dernier s'attribue des blessures diplomatiques. En équipe de France, Coupet ne vivra plus que dans l’ombre de la diva Fabulous Fab, malgré sa régularité au plus haut niveau avec son club.

Pourtant, en février 2005, un événement manque de remettre en cause cette hiérarchie, jusqu’alors bien établie. Lors d’un match amical Wydad-OM au Maroc, Barthez s'emporte et crache sur un arbitre. Il est logiquement suspendu six mois de toute compétition et laisse la voie libre à l’athlétique Greg. Champion de France pour la quatrième fois avec son club à la fin de la saison 2004-05, Coupet assure l’interim avec brio, multipliant les arrêts de grande classe.
La suspension de Barthez prenant fin, la question délicate de la hiérarchie des gardiens en équipe de France est alors soulevée. Au travers des médias, Coupet demande au sélectionneur de la reconsidérer et affirme son envie de devenir calife à la place du calife. Commence alors une campagne médiatique divisant le paysage footballistique hexagonal, voyant chacun se prononcer en faveur du divin chauve ou de la blonde décolorée en vue de la Coupe du Monde 2006.



Coupet et Barthez: une inimitié publique entre deux grands gardiens


Raymond Domenech préfère ne pas se prononcer en cours de saison, alternant les titularisations entre les deux portiers, et attend mai 2006 pour annoncer sa décision: Barthez sera titulaire, Coupet son suppléant. Le cinquième titre de champion d’Iznogoud n’y change rien. Cerise sur le gâteau: lors du stage de préparation à Tignes, Coupet supporte mal le passe-droit accordé à son rival (être dispensé d'une randonnée de groupe en montagne) et bat le record du monde de l’aller-retour Tignes-Lyon-Tignes, quittant le stage sur un coup de sang avant de se raviser. Pour autant, Raymond ne lui donnera pas plus sa chance et Gregory vivra intégralement le mondial allemand sur le banc, profitant de ses nombreux temps libres pour apprendre les joies du bricolage (ce qui ne manquera pas de lui valoir de nouvelles désillusions quelque temps après).

En 2006-07, alors qu'il engrange un 6e titre de vilain champion, Coupet devient enfin le titulaire naturel de l’équipe de France, alternant les bonnes performances (victoire 3-1 contre l’Italie) et des prestations plus ternes (défaite 1-0 en Ecosse). Malheureusement, alors que Barthez a définitivement raccroché les crampons et que son n°2, Mickaël Landreau, ne fait pas l'unanimité au PSG, il se rompt les ligaments croisés à l'entraînement et doit laisser sa place à ses deux suppléants: l'inénarrable Remy Vercoutre à Lyon et l'éternel espoir Landreau en sélection. Ce dernier ne convainc pas vraiment et rend son poste au retour de Coupet, malgré la mini-polémique née d'une réflexion du portier lyonnais lors d'un but décisif de McFadden (France-Écosse 2007): "Je me suis pas mal demandé si je l'aurais arrêté, ce tir, et j'espere que je l'aurais fait. Je pense que je l'aurais arrêté"



Gregory Coupet dispute l'un de ses derniers derbies à Geoffroy-Guichard en 2007 (photo le Progrès)


Il revient en janvier 2008 et est naturellement titulaire pour l'Euro 2008 qui s'annonce compliqué, la France étant tombée dans le groupe de la mort. C'est enfin sa chance de montrer ce qu'il vaut dans une grande compétition internationale.
Pas de chance pour lui: l'Euro 2008 est catastrophique pour les Bleus. La France démarre par un mortel 0-0 contre la Roumanie avant de se désintégrer contre les Pays-Bas (1-4), Coupet buvant le calice jusqu'à la lie en encaissant un 4e but évitable. Le dernier match de l'Euro, une défaite déprimante 2-0 contre l'Italie sonne le glas de sa carrière internationale: on ne le reverra plus jamais porter le maillot tricolore.



Van Persie et les Pays-Bas ridiculisent la France lors de l'Euro 2008


En juillet 2008, après 7 titres de champion et quelques petits accrochages avec la direction de l'OL toujours très classe quand il s'agit de se séparer de ses piliers, Greg Coupet signe à l'Atletico Madrid, alors 4e de Liga et qualifié pour la phase préliminaire de la Ligue des Champions. Il a alors 35 ans. En Espagne, il ne joue que 11 rencontres, en remplacement de Leo Franco, l'habituel titulaire dans les cages madrilènes mais il se fait notamment laminer lors d'une rencontre face au Barca (1-6) qui lui fait perdre tout crédit au delà des Pyrénées.



Petit intermède espagnol pour Coupet à Madrid


Il est pourtant contacté par le PSG, où il signe en juin 2009 un contrat de deux ans, en remplacement de Mickaël Landreau. A Paris, il joue en tout 45 matches à une période où le club n'a pas encore l'argent qatari et peine à sauver sa place en L1. Bien que victime d'une grave blessure à la cheville dès ses débuts (et donc remplacé par l'inoubliable Apoula Edel), il retrouve sa place de titulaire et met un terme à sa carrière de joueur professionnel lors de la dernière journée de Ligue 1 de la saison 2010-11... contre l'ASSE à Geoffroy-Guichard: "Je crois que rien ne m’arrive par hasard. J’ai commencé à Saint-Etienne où le PSG ira pour la dernière journée de L1. Là-bas, j’avais pris la place d’un Camerounais, Joseph-Antoine Bell, et ici c’est un autre Camerounais (Edel) qui me remplaçait. Je suis donc obsédé par l’idée de jouer mon dernier match à Saint-Etienne et boucler l’histoire."

Pour son ultime match, il sera enfin applaudi sur la pelouse de ses débuts.



Ultime match pro avec le PSG en 2011... à Geoffroy-Guichard (photo le Progrès)


Peu avant l'issue de son contrat à Paris, il publie "Arrêt de jeu", un livre entretien avec Benjamin Danet, dans lequel il revient sur son expérience stéphanoise.
Sa carrière footballistique terminée, Coupet devient alors consultant. Pour CFoot et le 10 Sport tout d'abord puis sur RMC (Luis Attaque) et BeIN Sport aux côtés d'Alexandre Ruiz. Il commente l'Euro 2012 et participe aux soirées Champion's League de la chaîne qatarie mais arrête subitement à Noël 2012, déclarant qu'il "ne trouvait pas sa place dans ces émissions".

Dans le passé, nombre de (jeunes) supporters verts n'ont pas manqué de siffler (voire d'insulter) Coupet lorsqu’il venait jouer à Geoffroy avec l’OL. Et pourtant, ce dernier n'a jamais omis de placer un petit mot sympathique, dans ses interviews tout au long de sa carrière, pour son ancien club, pour Jeannot Dées ou pour son alter ego Jérémie Janot. Dans tous les cas, peu se souviennent (ou veulent se souvenir) de ses prestations lorsqu’il portait ce maillot mythique, elles étaient pourtant de celles qui vous font dire à coup sûr: "Ce gamin ira loin !"


par LE SPHINX, le 31/12/2016

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