Et dans cette lutte sans merci pour la montée, un autre club mord la poussière...


La feuille de match
Dimanche 8 février 2004 - Championnat de France de L2 - Stade de l'Aube
23e journée: Troyes 0-1 ASSE
Spectateurs: 7.924 - Arbitre: M.Veissière

Buteur: Compan (13e)

Troyes : Heurtebis - Liron, Perquis (Nadé 53e), Adam, Montero - Amzine, Linarès (Berkak 73e), Nivet, Garny - Saifi, Esteves (Dallet 67e). Entraineur: Faruk Hadzibegic
ASSE : Janot - Carteron, Hognon, Hernandez, Ilunga - Sablé, Hellebuyck, Jau - Marin (Quaye 67e), Citony (Perrin 86e), Compan. Entraineur: Frédéric Antonetti


 

Les faits du match
En cette soirée glaciale du 8 février 2004, l’ASSE fait un grand pas, un pas immense même, en direction de la Ligue 1.
Car remettons les choses dans leur contexte: les Stéphanois occupent la troisième position du classement. Une place précaire où ils sont à la lutte avec Amiens, Lorient et Caen, loin derrière le leader Istres.
L'ESTAC Troyes, avec un certain Damien Perquis dans ses rangs, navigue à sept longueurs et abat donc dans son Stade de l’Aube une de ses dernières cartes dans l’optique de la montée. Et puis surtout, surtout, les Verts viennent d’être éliminés par Sochaux en demi-finale de la Coupe de la Ligue, au terme d’un match d’une fantastique intensité.
Bref, comment vont-ils récupérer de cette débauche d’énergie quatre jours plus tôt ? Comment vont-ils gérer le retour à l’anonymat relatif de la L2 ?



Encore un parcage bien rempli dans l'Aube


La réponse ne tarde pas à arriver: sur un coup franc lointain que Hellebuyck envoie dans la surface, une frappe glissante de Carteron termine dans les pieds de Compan (photo) qui, en renard des surfaces, inscrit son 14e but de la saison (0-1, 13e). L’ASSE gére plutôt bien cet avantage précoce, avec quelques arrêts brillants de Jérémie Janot et toute la lucidité de Vincent Hognon en défense. En fin de match, les Verts baissent de pied physiquement mais parviennent néanmoins à décrocher un 6e succès hors de leurs bases.

Trois points qui, ajoutés aux défaites surprises d’Amiens, Lorient et Caen, propulsent les Foreziens à la deuxième place de la L2. Ils ne quitteront plus jamais le podium...



Le Saviez-vous ?
- A l'issue de la saison, l'ASSE finira championne de France de L2 et sera donc promue dans l'élite, trois ans après leur catastrophique relégation de l'été 2001.

- L'Estac de Troyes, fraîchement relégué et qui ambitionnait de remonter immédiatement, échouera finalement à la 10e place et échappera même de peu à une rétrogadation administrative. Mais renforcé par le prêt de Bafé Gomis, l'arrivée du futur vert Sébastien Grax et l'éclosion d'un certain Blaise Matuidi, le club champenois obtiendra la 3e place et le droit de rejouer dans l'élite dès la saison suivante.

- Comme souvent, la réception de l'ASSE permet aux clubs de Ligue 2 de faire chauffer la billetterie: avec 7.924 spectateurs, ce match voit la plus belle affluence du Stade de l'Aube cette saison-là en championnat (seule la réception d'Auxerre en Coupe de France fera mieux)

- Après ce match, Lilian Compan n'inscrira plus que deux buts lors de cette saison 2003-04: un à Grenoble en avril (2-2), l'autre quelques jours plus tard à Geoffroy-Guichard contre Laval (2-0). Avec 16 réalisations toutes compétitions confondues, il terminera cependant largement meilleur buteur du club, devant Marin et Hellebuyck (7 buts chacun).

- Damien Perquis est ce jour là titulaire en défense centrale à Troyes. Il sera recruté par l'ASSE à l'été 2005 où il disputera 42 matches (pour un but, au Parc des Princes) en deux saisons. Peu convaincant, il sera ensuite transféré à Sochaux en 2007 avant de devenir international polonais (!)

- Loïc Perrin, futur défenseur central et capitaine des Verts, entre en jeu à la 86e minute. A 18 ans, c'est sa première saison pro et il y jouera 10 (bouts de) matches, principalement au poste... d'attaquant de soutien, celui auquel il a été formé.

- Le meneur de jeu troyen Benjamin Nivet, est indissociable du club: formé à Auxerre, il passera 5 ans dans l'Aube avant de rejoindre Caen à la relégation de l'ESTAC. Il y retournera pourtant en 2012, à 35 ans, et y restera titulaire indiscutable en L1 comme en L2.