18 juin 1977 : ASSE 2-1 Reims - Finale de la Coupe de France  
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Horjak a dit...

Ancien joueur de l'ASSE et ex-capitaine du Nîmes Olympique, le sympathique Cédric Horjak nous a dit à quel point il aimait les Verts et les Crocodiles, qui s'affronteront dans le Chaudron le 7 janvier prochain en 32e de finale de Coupe de France.

Toi qui es né à Sainté, as-tu rejoint l’ASSE dès ton plus jeune âge ?
En fait j'ai commencé le foot Saint-Jean-Bonnefonds, un club à côté de Saint-Etienne. J'y ai joué de 7 ans à 11 ans. Ensuite, je suis allé à l'Olympique de Saint-Etienne, de 12 ans jusqu'à 14 ans, avant d'intégrer le centre de formation de l'ASSE. C'était en 1993. Comme j’étais en sélection Rhône-Alpes, quatre clubs pros s’étaient intéressés à moi : Lyon, Monaco, Montpellier et Saint-Etienne. Montpellier, parce qu'il y avait un partenariat avec l'Olympique de Saint-Etienne, j'étais allé passer quatre ou cinq jours là-bas. Il y avait Lyon qui faisait le forcing, mais disons que c'était moins la priorité ! (rires) Moi je suis un pur Stéphanois, né à l'hôpital Nord ! C'était un rêve pour moi de rejoindre le centre de formation de l'ASSE. Pour ma famille aussi : des Stéphanois, de vrais supporters. On parlait souvent de l'épopée des Verts, alors, quand le petit est entré au centre de formation, tout le monde était content.

Quels souvenirs gardes-tu de tes années au centre de formation ?
De bonnes années ! La première année, un peu compliquée, parce que j'ai eu du mal à me libérer. J'ai d’ailleurs failli me faire virer du centre. J'avais l'état d'esprit, mais j'étais timide. Ils ont hésité puis Christian Lariepe m'a dit qu'ils me gardaient encore un an. L'année d'après, j'ai explosé, j'ai été sélectionné en Équipe de France. On a été champion de France U17 en 1997 avec Zoumana Camara, Stéphane Hernandez, Frédéric Mendy, Pape Thiaw, Julien Sablé qui était un peu plus jeune mais qui était avec nous. On avait une belle petite équipe. C'est Gérard Fernandez qui nous entraînait, il est toujours au club. On avait battu Lyon en finale, 4-2 aux tirs au but, à Oullins en plus, t’imagines la jubilation ! J’ai été en équipe de France U16, U17 et U18 avec Zoumana Camara et plein de joueurs qui ont fait de belles carrières par la suite : Anelka, Malbranque, Dalmat, Luyindula, Maoulida, Reveillère, Bréchet…

Près de vingt ans après, te souviens-tu de tes débuts en pro ?
Bien sûr ! Ça s’est fait un peu par hasard, en mars 1998. C'était à l'époque où on était 14 sur la feuille de match et ce n'était pas facile de se faire une place. Il y a eu une hécatombe de blessés. Je me suis entraîné deux jours avec les pros et je me suis retrouvé dans les 14 contre Laval à Geoffroy-Guichard. Juste avant la mi-temps, Hassan Kachloul se fait mal à la cuisse. Il jouait à mon poste, milieu côté droit. Il reprend la deuxième mi-temps, et au bout d'une minute il demande le changement. Et c'est là que Pierre Repellini et Robert Herbin me font entrer. Ça se joue à pas grand chose : j'avais fait deux entraînements avec les pros, et si Hassan ne s'était pas blessé, je ne serais peut-être jamais entré. On avait gagné 3-2 avec des buts de Bibi, mon pote de formation à l'Olympique et à l'ASSE, Popote et Thimothée. En face il y avait Mohamed Chaouch, il avait d’ailleurs réduit le score contre son ancien club.

Quand depuis tout petit tu supportes les Verts, ça doit être fantastique de jouer à GG !
On ne peut pas rêver mieux. Fabien Boudarène avait vécu cela un peu avant moi. Comme on était très potes et qu’on avait été formés ensemble à l’Olympique de Saint-Etienne, j’avais déjà un peu vu ce que ça lui avait fait ainsi qu’à sa famille. Jouer dans le Chaudron, c’est énorme. C'est indescriptible. T'en as tellement rêvé, et d’un coup ton rêve se réalise. Comme tout Stéphanois, j’allais voir les matches des Verts à Geoffroy-Guichard quand j’étais plus jeune. On allait partout, dans toutes les tribunes, sauf la présidentielle ! (rires) Je suis souvent allé du côté des Magic Fans et de temps en temps en Henri Point. Depuis le plus jeune âge, je suis supporter, j'allais dans le kop. Et là, tu te retrouves au milieu. Oui, c'est juste magnifique.

Tu as disputé quatre autres matches cette saison-là…
Effectivement ! Comme j’avais fait une bonne entrée contre Laval, j’ai pu enchaîner. Je me souviens d’une défaite à Nice mais surtout du match suivant, contre Louhans-Cuiseaux pour l'inauguration du stade Geoffroy-Guichard rénové avant la Coupe du Monde 1998. On était 16èmes, ils étaient 18èmes, en Ligue 2, et on a joué à guichets fermés. Ça reste un super souvenir même si on a concédé un match nul alors qu’on menait 2-0 à un quart d’heure de la fin, buts de Christophe Robert et Yann Synaeghel. En face, il y avait mon pote Loïc Chavériat, que j’allais retrouver quelques années plus tard… On a en effet joué ensemble à Lausanne mais aussi à Nîmes. Un gars très sympa qui gère depuis quelques années un bar à Mèze, dans l’Hérault, au bord de l’Etang de Thau.



Tu as participé à la déroute à Sochaux (défaite 4-0) avant de jouer ce très stressant match à Lille...
Terrible ce match ! Avec Julien Sablé, on était titulaires, tous les deux. C'était simple : Lille était 4ème. Ils devaient gagner et si le 3ème ne gagnait pas, ils montaient en Ligue 1. On jouait encore à Grimonprez-Jooris, le stade était plein bien sûr. Nous, on devait faire un meilleur résultat que Louhans-Cuiseaux, sinon on pouvait descendre en National. J’avais 19 ans, Juju n’en avait pas encore 18… Formés au club, on s'est retrouvés dans une situation un peu compliquée, avec beaucoup de pression. On a perdu le match, mais comme je l’ai dit à l’issue de la rencontre à Jérôme Alonzo, « c'est la plus belle défaite de ma vie ! » (rires) car Louhans-Cuiseaux avait perdu et on s'était maintenu. Lille n'était pas monté car le 3ème avait gagné. Je me rappelle ce match : je jouais arrière droit et j'avais en face un mec qui s'appelait Djezon Boutoille, un super joueur. Je me souviens surtout du discours d’avant-match de Pierre Repellini : il s'était mis à pleurer parce qu'on jouait l'avenir du club. Il avait été très bien avec Julien et moi, il nous avait rassurés en disant qu'on se retrouvait là et qu'il fallait faire front, que ça allait nous servir pour le futur, mais qu'en aucun cas on aurait des responsabilités par rapport à la saison qui s'était passée.

La saison suivante, ta dernière à l’ASSE, tu as également joué cinq matches avec les pros sous la direction de Robert Nouzaret.
Effectivement. J'ai fait beaucoup de matchs de préparation et les trois derniers j'avais joué titulaire arrière droit. Pour le premier match de championnat contre Sedan, je me retrouve sur le banc, c'est Patrick Guillou qui joue à ma place. Je suis entré en jeu en fin de match, et, après ça a été compliqué. Il fallait faire son trou: ce n'était pas facile d'être sur la feuille de match. A l'époque on n’avait droit qu’à 14 joueurs sur la feuille de match. Ça aurait été 16 comme aujourd’hui, j'y aurais été. Alors je suis allé faire mes armes en réserve.

Tu as quand même joué des matchs en Coupe de la Ligue et en Coupe de France.
Oui, je me souviens surtout de notre qualification contre Gueugnon. On avait gagné aux tirs au but. On avait fait trois matchs de suite à Geoffroy-Guichard avec 30 000 spectateurs à chaque fois. C'était énorme, une ambiance de fou : samedi en championnat contre Valence, mercredi en Coupe de la Ligue contre Gueugnon, et on avait rejoué contre Gueugnon en championnat à Geoffroy Guichard (ndp²: en fait, l'ordre était Gueugnon-Gueugnon-Valence). J’ai joué ensuite en Coupe de France contre Bourg-Péronnas, on avait gagné grâce à un doublé d’Eric Obinna, qui venait d’Arsenal. Après j’ai joué en championnat contre Caen, on s’était imposé grâce à un doublé de Bertrand Fayolle. Comme Adrien Ponsard, il a bien contribué à notre montée. J’avais pris un jaune pour un tacle sur Rothen en fin de match. Régis Brouard, un gars qui m’a entraîné plus tard à Nîmes, était capitaine de Caen à l’époque. Il m’a rappelé que j’ai joué contre lui, il a même le DVD du match. Je ne m’en souvenais pas. Je lui ai dit que j’étais très jeune et que lui était très vieux ! (rires) J’ai joué mon dernier match en vert contre Jura Sud. Horrible, juste avant la trêve hivernale. Un match de Coupe de France où ça sentait un peu la merguez. On s'est fait surprendre et on avait perdu 1-0. Je n'avais pas passé de bonnes vacances de Noël.

Pour quelles raisons n’as-tu pas réussi à t’imposer cette saison-là ? Tu n’étais pas dans les petits papiers de Robert Nouzaret ou t’étais un peu trop juste vu la concurrence ?
Il n’y avait pas de problème avec Robert Nouzaret. En début de saison, il m'avait mis dans les matchs de préparation. Il a finalement préféré aligner Patrick Guillou au poste d’arrière droit où il comptait me faire jouer. Au milieu de terrain, où j’avais eu l’occasion de jouer auparavant, la concurrence était rude : Il y avait Bibi, Juju, Pape Sarr, Kader Ferhaoui, c'était compliqué. On avait une très belle équipe avec Popote, Gilles Leclerc, Lucien Mettomo... Je me souviens de tous les joueurs. Mais ça te fait progresser, même si c'est frustrant de ne pas y arriver avec son club formateur. C'est difficile de réussir chez soi aussi. Comme l'équipe marchait super bien, le coach n’avait pas trop besoin de la changer. Je pense que je n'ai pas pris le bon wagon car j'étais un peu timoré encore. J'aurais aimé jouer à Saint-Etienne comme quand j'étais épanoui à 25 ans à Nîmes.

Malgré ton faible temps de jeu, as-tu savouré malgré tout cette belle saison 1998-1999 ?
Oui, bien sûr. En tant que supporter, tu es content parce que tu montes en Ligue 1. En tant que joueur professionnel, tu aspires à plus, à jouer plus. Mais personne ne m'a mis des bâtons dans les roues. C'est uniquement par mes performances que j'ai moins joué. Tu ne savoures pas comme certains titres ou certaines montées que j'ai vécus avec Nîmes où tu es une sorte de patron. Là je suis plus un jeune qui a joué des bouts de matchs, mais c'est sûr que j'ai apprécié et ça reste sur ton palmarès, champion de France de Ligue 2. Ce n'est pas tout le monde qui a des titres. Mais alors qu’il me restait un an de contrat avec l’ASSE, j’ai compris que je devais quitter le club. D'ailleurs à l’intersaison, le club a fait un recrutement de folie avec notamment Alex, Aloisio et Pédron. Avec du recul, je me suis dit que j'avais bien fait de partir car je pense que je n'aurais pas joué, même si on ne sait jamais. Ça m'a fait mal au cœur de quitter l’ASSE, mais j'avais envie de jouer.

Quels coéquipiers as-tu particulièrement apprécié quand tu jouais avec en pro Sainté ?
J'ai beaucoup aimé Jérôme Alonzo. J'étais en chambre avec lui au début. L'année où on est monté en Ligue 2 avec Nîmes, je l'avais appelé. Il partait de Paris. C'est le parrain de la fille de Jean-Luc Vannuchi qui était alors mon entraîneur. Et Jean-Luc était venu me voir en me disant que ce serait pas mal qu'on fasse venir Jérôme. J'étais même prêt à lui laisser le brassard de capitaine (rires) ! Mais il avait une grosse proposition de Nantes, donc ça ne s'est pas fait. Après d'autres joueurs aussi m'ont marqué, mes potes du centre de formation, Fabien Boudarène, Julien Sablé, Jérémie Janot, Zoumana Camara… J'étais très pote aussi avec Patrick Revelles, Nestor Subiat, Gilles Leclerc, un super mec. Je l’ai revu plusieurs fois d'ailleurs, dans la région, parce qu'il vend du vin. Je l'avais même fait venir à Nîmes pour qu'il le présente. Je vois aussi beaucoup Loïc Chaveriat, même si je l'ai pas connu à Sainté. Super pote. Je joue aussi à la pétanque avec Dominique Aulanier.

Quel joueur stéphanois t'as le plus impressionné à l'époque ?
Tous les joueurs que je viens de citer avaient bien sûr des qualités, mais celui qui m’a le plus impressionné, c’est Lubo ! Quand j'avais 16 ans, mon entraîneur c'était Roland Mitoraj. Et un jour, je fais un entraînement avec Elie Baup parce qu'il lui manquait des joueurs. J'étais dans l'équipe pour faire le onze d'opposition. J'ai alors eu l’honneur de jouer avec Lubomir Moravcik parce qu'il était suspendu. Alors là, c'était un grand moment ! Lui, quand j'étais jeune, c'était l'idole de tout le monde. Il m'a vraiment marqué.

Après avoir quitté l'ASSE, tu as su rebondir à Lausanne.
Oui, je suis allé faire un essai de quatre ou cinq jours là-bas au printemps 1999. Le directeur sportif de Lausanne, Claude Robin, décédé depuis, et qui était un ancien joueur de Nantes, m'a dit : « Tu as un match ce week-end, on va descendre tous les deux et je vais venir te voir jouer. » J'ai donc demandé à l’entraîneur de la réserve, Gérard Fernandez, s'il pouvait me faire jouer. C'était contre Cannes, on avait gagné et j'avais même marqué. Ça a facilité le départ et j'ai rencontré Waldemar Kita la semaine suivante pour signer mon contrat avec Lausanne Sport. J’avais pourtant des contacts avec Lorient : Christian Gourcuff me voulait en Ligue 2. J’ai choisi Lausanne, car ils jouaient en première division, ils jouaient la Coupe d'Europe. Ça m'a plus attiré. Après avoir passé une première saison là-bas, pas mal d’anciens et de futurs Verts m’ont rejoint à Lausanne: Christian Lariepe comme directeur sportif, David Hellebuyck, Olivier Baudry, Stéphane Santini, Pape Thiaw et Marcin Kuzba.

Que gardes-tu de cette expérience à Lausanne ?
C'était super bien : j’ai joué une finale de Coupe de Suisse à Berne et plusieurs matches de Coupe d’Europe. Une année, on a perdu en 8èmes de finale de la Coupe de l'UEFA contre Nantes, qui avait perdu le tour d'après contre Porto. J'étais entré à la Beaujoire en fin de match, et, au match retour, je m'étais fait expulser pour deux cartons jaunes. Chez les Canaris il y avait Salomon Olembé, c'était parti en sucette et on avait fini à 8 ! (Rires) Le tour précédent, on avait éliminé l'Ajax Amsterdam. J'avais marqué au premier tour contre Cork City, un club irlandais, la ville de naissance de Roy Keane. Grâce à mon but, on avait gagné 1-0 à l'aller, à la maison, Olivier Baudry avait pris un rouge. Au retour on avait également gagné 1-0. Hélas cette expérience à Lausanne s’est mal terminée. Le club a été rétrogradé administrativement avant de faire faillite. On a vécu une période un peu difficile car on n’a pas été payés pendant trois ou quatre mois.

Tu t’es donc retrouvé au chômage.
Oui, Lausanne a déposé le bilan et je me suis retrouvé sans club. A la suite de ça, je suis revenu en France, et j'ai eu énormément de contacts en National. A l'époque, Patrice Garande qui entraînait Cherbourg, voulait me faire venir, de même que Didier Ollé Nicolle à Valenciennes. Mais j'ai refusé ces deux offres, car sans prétention, j'espérais au moins trouver un club de L2. Malheureusement je n'ai rien retrouvé du tout. Je me suis donc retrouvé pendant six mois au chômage, sans club. J'ai même été jusqu'à aller faire un essai en Tunisie. Un sacré périple. Et puis au mois de décembre, Patrice qui est mon agent et aussi mon cousin, m'a dit qu'il fallait que je rejoue pour stopper l'hémorragie. Je me suis donc retrouvé à Arles, en CFA pendant 6 mois, et j'ai pu retrouver le rythme car, à ce moment-là, j'étais vraiment au fond du seau, et mentalement c'était compliqué. Heureusement, là-bas ça s'est super bien passé pendant cette demi année, ils voulaient à tout prix que je reste. J'ai retrouvé le plaisir de jouer, et je m'entraînais comme si j'étais un pro, donc ça leur a plu. Ils ont aussi bien aimé ma mentalité de Stéphanois.

Et c’est à ce moment-là que l’opportunité nîmoise s’est présentée…
Oui. A la fin de la saison, Didier Ollé Nicolle, qui me voulait un an auparavant à Valenciennes, signe à Nîmes et me demande de venir faire un essai. Mais alors que je pensais que j'allais m'entraîner avec l'équipe pro, il y avait en fait 48 nouveaux joueurs qui étaient testés ! Je suis venu avec un collègue qui jouait à Arles avec moi, qui voulait me voir m'entraîner avec les autres. Au moment où j'ai découvert qu'on était 48, je suis monté dans les bureaux aux Costières. Ils m'ont fait remplir une fiche de renseignements avec le poste, la taille, le poids. Un truc de fou ! Comme pour une détection quand t’as 15 ans... J’en avais 24 et quand même un petit vécu dans le monde pro. Quand j'ai vu ça, je suis redescendu des bureaux et j'ai dit à mon collègue que je voulais partir. Il m'a dit : « non, maintenant que t'es là, fais-leur voir, enfonce-les ! » J'ai donc passé trois jours là-bas, et sur 48 on s'est retrouvés trois à signer : avec moi, il y avait Jean-Charles Cirilli qui était passé par Saint Etienne, et puis Eloge Enza Yamissi qui a joué à Troyes et à Valenciennes. J'ai signé un contrat amateur la première année. Quand je discute avec certains parents en regardant jouer mon fils qui joue au Nîmes Olympique en U13, je leur dis qu’une carrière, ça se joue à rien...

Tu t’es rapidement imposé chez les Crocos, au point d’en devenir rapidement un joueur cadre très apprécié des supporters.
Les deux premiers matchs, Ollé Nicolle ne m'a pas aligné. Au troisième match il m'a fait jouer à Cannes, au quatrième match j'ai mis un doublé aux Costières, et après j'ai été élu meilleur joueur de la saison. J’ai été contacté par d’autres clubs mais j'ai décidé de rester à Nîmes et j'ai signé un contrat de deux ans. La deuxième année, j'ai eu des contacts avec Reims qui montait en L2, leur coach Ladizlas Lozano me voulait à tout prix et n'arrêtait pas de me contacter. Mais pendant cette saison-là, j'ai perdu mon père, et à ce moment-là, le club de Nîmes a été très présent pour moi. Et comme Reims ça faisait un peu trop loin de ma famille, par rapport à Nîmes, j'ai fait le choix de prolonger à Nîmes. A chaque fin de saison, j'avais des pistes pour aller à l'étage au-dessus. J'ai eu notamment des contacts avec Casoni, qui entraînait Bastia en L2. Et finalement, à chaque fois je suis resté, je me suis dit si c'est pour jouer en L2 autant le faire avec Nîmes. Je suis devenu capitaine, et je le suis resté pendant cinq ans.

Avec les Crocodiles, tu t’es notamment illustré il y a treize ans en éliminant les Verts en Coupe de France au terme d’un match renversant. T’avais l’air particulièrement motivé !


Je te rassure, j’étais tout le temps comme ça. Je pense que c'est aussi pour ça qu'à Nîmes on m'aime bien car j'avais cet état d'esprit à tous les matchs, même en amical je ne lâchais rien ! J’avais envie de faire voir à mon club formateur qu’il m’avait bien formé. (rires) Il y avait forcément une motivation particulière pour ce match, et c'est vrai qu'avec la victoire j'étais content, mais pas spécialement parce que c'était Saint-Etienne, bien au contraire. Je me souviens bien de ce match, c'était exactement à la même période que le match à venir, juste après les fêtes de Noël. J'étais rentré à Saint Etienne pendant une semaine, et tout le monde ne me parlait que de ce match, donc j'avais la pression, et l'envie de bien faire. J'ai même fait une interview pour Le Progrès avec Fréderic Mendy à Geoffroy-Guichard. Cette saison-là on a battu quatre clubs de L1 avant de s’incliner en demi-finale contre Auxerre.

Quels souvenirs gardes-tu de ce 32e de finale ?
Les Verts menaient 2-0 au bout de 7 minutes de jeu grâce à un doublé de Frédéric Piquionne. Sainté avait aligné une belle équipe avec David Hellebuyck, Pascal Feindouno. Anthony Le Tallec et Bafé Gomis ont également participé à ce match. Mais on a créé l’exploit, je me souviens que le gardien Ronan Le Crom s’était bien fait lober ! (rires) J’étais titulaire au milieu de terrain, avec mon pote Siramana Dembélé, qui est actuellement l’adjoint de Sergio Conceiçao à Porto après l’avoir été à Nantes. Je me souviens que du côté stéphanois, au milieu de terrain, il y avait, Loïc Perrin qui commençait juste sa carrière, et puis Julien Sablé, mon pote du centre de formation, avec qui j’ai échangé mon maillot à la fin du match. Il y avait au moins une trentaine de personnes de ma famille qui était descendue, beaucoup avec l'écharpe verte, mais à la fin ils étaient quand même contents pour moi. Ce match reste un bon souvenir, je me le suis revisionné une ou deux fois. Bon, c'était sur un match, hein ! (rires), mais c'est vrai que ça fait plaisir de se dire que j'ai été meilleur qu'un mec comme Loïc Perrin qui est devenu une légende à Saint Etienne !

Toutes proportions gardées, tu l’es devenu à Nîmes avant d'être contraint de mettre un terme à ta carrière
Il y a six ans et demi, j'ai en effet été amené à mettre un terme à ma carrière de façon prématurée, car j'avais le genou droit complètement défoncé. Le gauche l’est maintenant aussi ! (rires) Je me suis fait les croisés au genou droite, je suis revenu, mais dans la foulée je me suis pété le ménisque sur le même genou. Après j'ai fait une algodystrophie pendant neuf mois et demi. J'ai réussi à me rétablir, mais à cause des croisés, j'avais une grosse instabilité au niveau du genou, car le ligament qui m'a été greffé ne tenait que sur un fil. J'ai donc mis un terme à ma carrière à 32 ans et demi.

Que deviens-tu depuis tout ce temps ?
Je suis resté dans la région nîmoise, où je travaille désormais en tant que commercial dans l'équipement sportif, pour l'un de mes anciens sponsors. Quand je jouais à Nîmes, j'avais un magasin qui me sponsorisait et qui me faisait des contrats pour mes chaussures. Comme il s'agit d'une ville de passionnés, j'ai eu la chance d'avoir des contrats avec des marques, et j'étais le seul joueur de National à en bénéficier. A l'époque ils recherchaient un commercial, mais ça c'est fait par hasard, car j'étais en train de rechercher, avec Idriss Ech Chergui, un local du côté de Saint Chamond pour monter un complexe de futsal. On avait trouvé des locaux, mais ça n'allait pas, ça commençait à tarder et entretemps Loïc Perrin et Jérémie ont ouvert leur complexe du côté d'Andrézieux. Du coup, j'ai accepté ce poste de commercial pour Midi Sport Distribution, et aujourd'hui ça marche super bien, j'interviens sur tout le département du Gard.

Tu n’as pas été tenté de rester dans le milieu du foot, en tant qu’entraîneur par exemple ?
J'ai passé tous mes diplômes, mais j'ai été franchement déçu par le milieu du foot. Quand tout allait bien, il y avait beaucoup de monde. Mais quand t’es blessé, pas mal de personnes te tournent le dos. J'ai été un peu déçu par certaines choses, pas par tout le monde, car il reste plein de personnes que j'adore à Nîmes. Et puis, pour être entraîneur, il faut être motivé à 200% et je ne l'étais pas complètement, donc ça ne m'a pas attiré plus que ça. Dans la vie, si tu ne fais les choses qu'à moitié tu ne les fais pas bien. Je me suis régalé à entraîner le club de mon fils à Caissargues mais je n'aspire pas à autre chose.

A défaut de ballon, tu as maintenant la boule de feu !
(Rires) Oui, c’est le nom de mon club de pétanque à Manduel. J’adore les boules. J'ai été champion de la Ligue Languedoc-Roussillon en doublette il y a deux ans, et j'ai fait trois fois les championnats de France. J'ai toujours adoré ça, et même du côté de Sainté, je jouais avec Jérôme Alonzo. Avec Loïc Chavériat aussi j’ai souvent joué aux boules, que ce soit à Nîmes ou à Lausanne. C'est une véritable passion, et à travers la pétanque, je retrouve un peu le monde de compétition que j'ai connu avec le foot. Je ne suis plus en état de jouer au foot, sauf ponctuellement, tranquillement, pour m’amuser, comme au Téléthon par exemple.

Toi qui es resté supporter et suis quasiment tous les matches des Verts, comment analyses-tu la première partie de saison de l’ASSE ?
Mon regard de supporter, c'est qu'en 2017 on avait déjà un déclin sous l'ère Galtier et puis un peu de poudre aux yeux avec les trois premiers matchs de la nouvelle saison avec Oscar Garcia. Les victoires étaient un peu à l'arraché. Ça a joué moins bien et c'est parti en sucette. Après, il s'est barré, je ne sais pas bien pourquoi. C'est comme ça. Quand à la trêve tu te retrouves avec seulement deux points d’avance sur l’avant-dernier et un sur le barragiste, c'est forcément préoccupant ! Et puis dans le jeu, ce n’est pas fameux. Quand on regarde les matchs, on souffre. Je ne sais pas si c'est la qualité des joueurs ou l'ambiance dans la groupe. Tu ne peux le savoir que si t'es à l'intérieur. Mais ce que je vois, ça fait peur. J’étais au Vélodrome, ils n’alignaient pas trois passes, alors qu'ils ont de bons joueurs. En plus d'être dans une situation difficile, tu sentais les mecs qui étaient mentalement atteints, touchés. Après, à Sainté, touché n'est jamais coulé. Mais bon, il y a un problème. Ça fait une dizaine de matchs qu'ils ont pas gagné. Avant, il y a eu le match de Lyon. Il a fait du mal. Quand j'ai vu le premier but, j'ai cassé un verre. T'as un corner, tu peux marquer et tu prends un but, t'as vu comment ça peut tourner une saison ? En plus sur cette action tu perds ton meilleur joueur offensif sur blessure, tu prends une rouste chez toi...

Sainté n’a pas été épargné par les blessures. Tu viens d’évoquer celle de Romain Hamouma mais il y en a eu beaucoup d’autres. Celles de Loïc Perrin ont pesé lourd !
Ne m’en parle pas ! D'ailleurs, va falloir remédier aux blessures. Quand Loïc Perrin n’est pas là ou en méforme, l'équipe n'est pas la même. Je pense ne pas être le seul supporter à penser ça. Quand il est en pleine forme et compétitif, ça va tout de suite nettement mieux. Avec Stéphane Ruffier, c’est le taulier. Quand il n’est pas là, t'as l'impression que l'équipe est totalement bancale. Loïc n’est pas éternel, ce n’est pas normal que l’équipe repose autant sur lui. Cela fait déjà un bon moment que ça dure, il faudrait peut-être y remédier ! Peut-être aussi qu'un mec comme Stéphane Ruffier va aspirer à d'autres choses en fin de saison. Je ne vois pas Loïc partir, ce sera notre Maldini à nous. Mais, j'ai peur pour Ruffier. En attendant heureusement qu’il est là. J’ai vu qu’il sera encore suspendu les trois prochains matches hélas mais je sais que Jessy Moulin est un super mec, il va assurer…

Les quatre matches de suspension infligés à Stéphane Ruffier, t’en penses quoi ?
C'est aberrant. J'ai regardé J+1, comme souvent, j'aime bien parce qu'à la fin du match, t'entends comment les joueurs parlent. Et là, en aucun cas je l'ai senti agressif vis-à-vis de l'arbitre. Il demandait juste des explications. Le problème, c'est que certains arbitres tu ne peux pas leur parler. Je pense qu'il a tiré dans le ballon très énervé, il a couru vite vers l'arbitre, mais dans sa course il a dû se calmer, il n’a pas été incorrect dans ses paroles. Si tu prends quatre matchs pour ça... On ne va pas commencer à parler des Lyonnais mais quand même… Quand tu vois Fekir qui fout le bordel et qui ne prend qu'un match, alors que Ruffier prend quatre matchs pour ça... Quand tu vois surtout le geste de Marçal, tu te demandes vraiment ce qu'ils foutent à la commission ! Quand tu regardes les images… Marçal, tu ne lui mets pas dix matchs ? Il a mis une gifle à l'arbitre et il n’a pas eu la moindre sanction ! Et ne parlons même pas de l’attentat de Tolisso sur Fabien Lemoine, qui ne lui avait valu que deux matches de suspension... C'est incompréhensible et ça nous dépasse. Mais t'as l'impression qu'on s'acharne sur Saint-Etienne.

Quel secteur de jeu te paraît le plus préoccupant à Sainté ? La défense, le milieu ou l’attaque ?
C'est un problème d'équipe, un tout. Défensivement, si t'as Loïc Perrin, Kévin Théophile-Catherine, Ronaël Pierre-Gabriel, ça ne me dérange pas trop, j'aime bien ce jeune, il a des qualités. A gauche, je ne sais pas, je suis moins emballé. Au milieu, j'aime bien Vincent Pajot. Devant, si t'arrives à retrouver Romain Hamouma avec Rémy Cabella, et que t'arrives à débloquer Loïs Diony…. Il y a aussi le petit Jonathan Bamba que j'aime bien... T'as quand même des joueurs de qualité. Mais c'est l'équipe qui ne fonctionne pas. Je ne sais pas comment Oscar Garcia voulait les faire jouer. Peut-être comme le Barça, mais pour jouer comme eux, faut avoir les joueurs. A un moment donné, tu ne peux pas jouer comme le Barça en claquant des doigts. Il faut déjà retrouver les valeurs stéphanoises, on ne va pas dire qu'on va aller à la guerre, parce que le foot n'est pas la guerre, mais on va dire de combat et de solidarité. Cette première moitié de saison, je n'ai pas trouvé une équipe solidaire, avec des mecs prêts à se défoncer pour les autres. Peut-être qu'il va falloir faire des choix et prendre des joueurs prêts pour la bataille. Parce que derrière, t'as des équipes qui sont préparées à jouer le maintien et à s'arracher, comme Angers. Dans ma carrière, je n’ai joué le maintien qu’une fois, lors de ma première année en pro, on s'est retrouvé avec Sablé à Grimonprez-Jooris. On jouait pour pas ne pas descendre en national ! Crois-moi qu'on fond de moi, ça m'a fait bizarre ! Jouer le maintien, c'est vraiment compliqué, surtout quand tu n’y as pas été préparé…

Le Sablé mouvant, c’est émouvant ?
Julien a en effet vécu un deuxième semestre 2017 et surtout un dernier mois très mouvementé. Quand je vois mon pote du centre de formation, peuchère, il n’a vraiment pas été mis dans les meilleures conditions ! Après, je suis persuadé qu'il a largement les qualités pour devenir entraîneur, ça a toujours été un leader sur le terrain, il portait aussi le brassard de capitaine. Là, ce n'était peut-être pas la bonne période. Mais bon, lui c'est un soldat. Surtout avec Sainté qu'il adore. On lui a demandé, il n'a sans doute pas réfléchi. Il a voulu aider le club. J'espère que les gens sont conscients de ça ! Déjà, il a eu le courage de prendre l'équipe première. La situation de l'équipe est quand même préoccupante, je ne sais même pas si avec Ancelotti, ils arriveraient à faire quelque chose de bien tant ils sont en manque de confiance ! J'étais content quand Julien a pris l'équipe, je me suis dit que pour lui ce serait le top, s'il arrivait à redresser la barre, ça pouvait être un super tremplin pour lui. Mais bon, c'était compliqué. Lui confier l’équipe première, c’était un peu un cadeau empoisonné en fait. C’était prématuré. Je ne pense pas que son plan de carrière, c'était de devenir entraîneur aussi tôt. Connaissant Julien, son dévouement pour le club, je pense qu’il a foncé quand on lui a proposé le poste.

A défaut d’avoir su redresser la barre avec Juju, les Verts vont-ils y arriver ce nouvel attelage Gasset/Printant, qui avait assuré le maintien de Montpellier dans l’élite ?
En tout cas, je l'espère. Jean-Louis Gasset, tout le monde le connaît, c'est quelqu'un d'expérimenté. Après, je ne sais pas si ça vient réellement des entraîneurs. A un moment donné, ça doit dépendre des joueurs aussi. T'as beau être le meilleur entraîneur, faut voir aussi un peu l'effectif que t'as à disposition. Moi, en tout cas, j'espère que les supporters ne vont pas en tenir rigueur à Julien Sablé, mais qu'ils le voient comme quelqu'un qui a essayé d'aider le club. Moi, ça m'a fait du mal de voir ça. J'étais à Marseille, j'ai vu le match. Je me suis dit « ça fait chier pour Julien. L'équipe, elle ne tourne pas alors que le mec il donne le maximum pour aider le club ! » Je pense qu'avec leur expérience, Jean-Louis Gasset et Ghislain Printant peuvent nous aider. Maintenant, on verra. Seul l’avenir nous le dira.

Pour qui ton cœur va pencher le 7 janvier prochain ?
J’ai le cœur vert mais mon sang est rouge. Je n’aurais pas de figure si je disais que j'étais à fond pour Saint-Etienne. Le Nîmes Olympique, ça reste un club qui m'a apporté beaucoup de choses. J'ai perdu mon père quand j'étais à Nîmes, le club m'a aidé lors de cette période et je lui en suis reconnaissant. Il y a des choses qui ne s’oublient pas… Ceci étant, c'est grâce à Saint-Etienne que je suis devenu footballeur, Je suis toujours Stéphanois donc forcément, on va dire qu'il y a du 60/40. Mon cœur balance un peu plus pour Sainté, mais j'ai tellement d'amour et d'affection pour Nîmes… Peut-être que le plus grand gagnant de cette rencontre, ce sera le perdant ! Parce que Sainté joue le maintien et Nîmes la montée. Chacun des deux clubs a un objectif très important en championnat.

Toi qui assistes régulièrement aux matches des Crocodiles aux Costières, comment nous décrirais-tu cette équipe nîmoise ?
Il y a une vraie cohérence, une réelle continuité dans cette équipe qui progresse par rapport à l'année dernière. Offensivement, je la trouvais quand même bonne, un peu moins peut-être défensivement. Cette année, je trouve qu'il y a un vrai équilibre qui s'est créé, ils ont une grosse puissance offensive, et derrière ça s’est solidifié. Elle est vachement complète, cette équipe ! Elle est super bien équilibrée je trouve, avec un très bon amalgame entre les anciens et les nombreux jeunes formés au club. On voit une grosse progression. C'est vachement bien. Pour tous ceux qui vont les voir depuis deux ou trois ans, tu vois vraiment un travail qui a été mis en place avec une évolution, avec des bonnes recrues. C'est bien ce qu'ils font, c'est très, très bien. J'espère que ça va les mener à la Ligue 1, parce qu'ils ont le potentiel.

Quel genre de jeu développent les Crocodiles ?
Nîmes pratique un jeu plaisant, ça joue bien. Ils ont une grosse puissance offensive. Ils marquent énormément de buts, notamment à la maison. Ils font de très, très bons résultats à l’extérieur depuis deux ans. L'année passée, c'était la meilleure équipe à l'extérieur, mais ils avaient connu un très gros problème les six mois premiers mois à domicile. Ils gagnaient à l'extérieur, mais pas à domicile. Cette année, ils arrivent à faire les deux. Ça va être un match difficile pour Saint-Etienne. En plus, les Nîmois arrivent un peu dans le rôle de l'outsider, Sainté n'est pas au mieux et va vouloir gagner le match pour se rassurer un peu. Nîmes va jouer un peu plus libéré, et quand les Nîmois jouent libérés, ils sont très dangereux !

Si t'étais recruteur stéphanois, quels joueurs prendrais-tu à Nîmes lors du mercato qui arrive ?
J’apprécie Téji Savanier. Formé à Montpellier, il a percé à Arles-Avignon en L2 sous la houlette de Thierry Laurey. Il joue sa troisième saison à Nîmes. Milieu de terrain, c'est un peu le maître à jouer, il tire les coups de pieds arrêtés. C’est un très bon joueur. J'aime bien aussi Anthony Briançon aussi, il joue derrière. C'est un peu le Perrin nîmois. Ça veut tout dire ! (rires) Lui c'est un mec qui a été formé au club... Tu vois Loïc, tu vois ce qu'il peut devenir au club. Et puis devant, Umut Bozok et Rachid Alioui ç’est talentueux et ça marque, hein ! Les joueurs que je viens de citer, c’est un peu l'épine dorsale. Après, t'as l'international Espoirs Olivier Boscagli à gauche, à droite t'as des joueurs formés au club, Gaëtan Paquiez et Sofiane Alakouch. Ce dernier n’a que 19 ans et été convoqué cet été par Hervé Renard en sélection du Maroc. Et puis derrière, t'as aussi Fethi Harek. Bon, lui, il a 35 ans, c’est un joueur d'expérience.

Attends, mais tu vas me citer toute l’équipe, là ! Tu prends qui au final pour Sainté ?
Allez, on va dire que pour Saint-Etienne je prendrais Anthony Briançon, avec Loïc Perrin ça ferait une belle doublette. Et le petit Téji Savanier au milieu, pour apporter un peu de technique et les coups des pieds arrêtés. C'est un vrai relayeur qui fait le jeu. Tu le mets à côté de Vincent Pajot, ça peut faire une belle doublette. D'ailleurs, lui, ne me demande pas pourquoi mais je l'aime bien. C'est un bon guerrier.

Il ne fait pourtant pas l’unanimité chez les supporters stéphanois.
Je sais, mais pour moi il fait un peu partie des joueurs comme Fabien Lemoine, comme Jérémy Clément, que j'ai beaucoup aimés à Saint-Etienne. C'est des mecs de devoir, des joueurs de club. Peut-être aussi parce que j'étais dans ce profil. Mais je trouve que c'est des mecs qui ne trichent pas et déjà, par rapport aux supporters stéphanois, c'est pas mal. Après, je ne dis pas qu'il y a des tricheurs, hein, loin de là ! Mais j'aime bien ce genre de joueurs. C'est un peu des joueurs de l'ombre, comme l'était Julien Sablé.

Meilleur buteur de Nîmes et de L2 avec 14 buts, Umut Bozok sera supendu contre Sainté. Qui devrait le suppléer sur le front de l'attaque nîmoise ?
T'as des jeunes comme Renaud Ripart, qui est le vice-capitaine ou le troisième. Il jouait beaucoup la saison passée, toujours aussi cette année, mais moins souvent titulaire. Lui c'est pareil, c'est un mec de devoir, ça reste un attaquant intéressant. A Nîmes il y a un bon mix entre des joueurs de qualité techniques, intelligents, et des jeunes qui ont faim. Ce qui fait plaisir, dans cette équipe nîmoise, c’est qu’il y a pas mal de jeunes formés au club. Des jeunes qui jouent ! Ils sont entraînés par un gars qui à la base était plutôt un formateur. Bernard Blaquart F [ndp2 : petit frère de l’ancien Vert et ex-DTN François], a dirigé le centre de formation de Tours, celui de Nîmes. Quelque part, il était là au départ pour les jeunes. Les évènements font qu’il a pris l’équipe première. Là, il fait un super boulot. Il n'a pas peur de changer, de faire jouer les jeunes.

A Sainté, peu de jeunes arrivent à s’imposer en équipe première. T’en penses quoi ?
Il faut savoir si c'est un problème de génération ou si on ne donne pas trop la chance à certains jeunes joueurs. Sainté, ça reste un club compliqué. Quand on regarde les dernières années, ils ont joué la coupe d'Europe à chaque fois. Il y a quand même des ambitions. Et un club ambitieux comme Sainté va essayer de recruter des joueurs qui apporteront un plus. Après si c'est pour recruter des joueurs qui ne sont pas performants et qui bloquent tes jeunes… C'est l'éternel problème. Je ne vais pas citer de noms, mais quand je vois certains joueurs qui ont été recrutés par Saint-Etienne, et que je vois leurs performances, je me dis qu'il doit bien y avoir quelques jeunes, comme Jonathan Bamba qui a été formé au club et qui a des qualités quand même. Y’en a sans doute d'autres qui auraient aussi pu avoir leur chance. Après, tu ne peux pas savoir que tes recrues vont être décevantes. Je ne sais pas comment est organisé le club. Faut aussi avoir les couilles d'intégrer les jeunes. Parce que Blaquart à Nîmes, il a eu les couilles lui d'envoyer les jeunes. Et les jeunes, ils le lui rendent bien. Et faut pas croire que c’est facile de faire ça Nîmes... On dit souvent que Nîmes, c'est un petit Marseille. Attention, c'est chaud, ça bouge ! Si tu mets des jeunes et que t'as pas de résultats, ça va gueuler. Lui, il a continué, il est sur une continuité depuis deux ans et c'est cohérent.

Pour terminer ce petit entretien Cédric, quel est ton prono pour ce 32e de finale de Coupe de France?
1-1 et on va aux tirs au but, et après on verra ! (Rires) Je pense qu'il peut y avoir des buts. Nîmes est une équipe joueuse, je pense que Nîmes va marquer à Saint-Etienne. Après, il y aura des espaces. En fait je vois bien un petit 3-2, je ne sais pas pour qui ! (rires) Je vois des buts. Mais bon, en vrai, il va y avoir 0-0 et vous allez vous foutre de ma gueule ! (rires)

 

Merci à Cédric pour sa disponibilité et aux potonautes Stéphanois, robbyherbin et Naar pour la retransciption.

par aloisio, le 30/12/2017


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