17 août 2001 : Grenoble 1-0 ASSE  
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Laurey : "Les Verts, maintenant, c'est du lourd !"

Thierry Laurey nous a confié ses impressions ce mercredi soir avant de retrouver les Verts samedi à La Meinau lors de la 33e journée de L1.

Après avoir éliminé les Verts de la Coupe de la Ligue et les avoir tenus en échec au match aller dans le Chaudron, tu ne vas quand même pas mettre un terme à leur série de 10 matches d’invincibilité  !
On verra ! Tu sais, ce n’est pas ce à quoi on pense. On pense à prendre des points plutôt qu’à mettre un terme à la très bonne série de Saint-Etienne. Nous, déjà avec un point on serait satisfait. Il faut reconnaître que l’ASSE, en ce moment, c’est l’équipe en forme. C’est une équipe en pleine confiance avec de grosses qualités donc forcément c’est une équipe dangereuse. On va devoir faire un gros match samedi soir et provoquer la réussite si on veut prendre un ou trois points contre les Verts. On joue les matches pour les gagner mais un point contre cette équipe stéphanoise serait malgré tout une bonne performance !

Cette équipe a bien changé depuis la dernière fois où tu l’as affrontée !
C’est clair ! Depuis le mercato d’hiver, la physionomie de cette équipe a complètement changé. Avec cette équipe là dès le début de saison, Sainté serait déjà qualifié sans problème pour l’Europa League et aurait titillé d’autres équipes même si on ne peut pas réécrire l’histoire. L’ASSE peut encore espérer décrocher l’Europe mais vu leur position et le nombre de matches restants, ils n’ont plus le droit à l’erreur. J’ai bien sûr suivi avec attention le redressement des Verts et leur dernier match contre Paris. Ils ont terminé avec 9 internationaux A sur le terrain, un autre sur le banc. Dans des sélections majeures, hein, pas San Marin ou le Liechtenstein ! Quand tu vois Ruffier, Subotic, Perrin, Debuchy, M’Vila, Selnaes, Cabella, j’en passe et des meilleurs…

Ah bon ? C’est qui les meilleurs ?
(Rires) T’as compris ce que je voulais dire : les Verts, maintenant, c’est du lourd ! En plus il n’y a pas trop de blessés dans cette équipe. On sent que Jean-Louis et Ghislain ont remis tout le monde d’aplomb. Quand tout le monde est d’aplomb, ce qui n’était pas le cas au match aller, cette équipe tourne à plein régime.

Tu connais très bien Jean-Louis et Ghislain pour avoir collaboré avec eux à Montpellier…
Effectivement ! Quand j’ai arrêté ma carrière de joueur en 1998, Jean-Louis était déjà là comme entraîneur adjoint à l’époque. Il avait été adjoint de plusieurs entraîneurs, notamment de Gérard Gili et Michel Mézy. Au moment où j’ai arrêté ma carrière, il est passé numéro un et je suis devenu son adjoint. Et l’entraîneur des gardiens à l’époque s’appelait Ghislain Printant. On a travaillé pendant un an ensemble. C’était l’idéal pour moi d’entamer ma reconversion dans l’ombre de ces gens ! J’ai beaucoup appris sur la façon d’appréhender les matches, de préparer la semaine, de gérer humainement un groupe. Jean-Louis a la tête sur les épaules et aime bien faire jouer ses équipes. Ce n’est pas une surprise pour moi de voir que Saint-Etienne a remis aujourd’hui son football à l’endroit. Jean-Louis et Ghislain aiment le beau jeu, aiment faire travailler leur équipe, sont férus de stratégie et de tactique. Quand il y a des joueurs de talent, on y adhère plus facilement. Il y a une relation très forte entre Jean-Louis et Ghislain. Je l’avais déjà constaté à Montpellier. Ils se comprennent, savent très bien ce que recherche l’autre. C’est important ! Quand tu es dans cette relation-là, tu sais qu’il n’y a pas de faille. Et quand il n’y a pas de faille, tu sais que tes joueurs vont adhérer.

Tu as toi aussi un ancien Montpelliérain comme principal adjoint...
J’allais te le dire. Cela fait déjà, plusieurs années que je collabore avec Fabien Lefèvre, il m’a rejoint l’année où était monté avec le Gazelec. Nous aussi on a une grande relation de confiance. Fabien travaille dans l’ombre, il est un peu comme Jean-Louisl'était à une époque. Comme lui il est travailleur, passionné. Fabien chercher à faire avancer ses connaissances et surtout le jeu de l’équipe. Je m’appuie beaucoup sur lui. On discute beaucoup, on échange. On tente pas mal de choses pour faire avancer le projet du Racing Club de Strasbourg. On s’attache surtout au jeu de l’équipe. Si le jeu fonctionne, on sait que le projet avancera aussi derrière.

Les anciens Montpellierains ne seront pas tous sur le banc samedi soir, il y en aura aussi sur le terrain : ton Jonas Martin retrouvera en effet notre Rémy Cabella. Que t’inspire le numéro 10 des Verts ?
J’ai beaucoup d’affection pour lui. C’est un peu particulier parce que c’est plus d’ordre privé… J’adore Rémy. Il a hélas eu une blessure qui l’a un peu freiné cette saison. J’étais content de ne pas l’avoir en face de nous au match aller. Mais à la fin du match il est venu discuter un quart d'heure dans notre vestiaire. Rémy a beaucoup de talent et il est en pleine bourre. Il a retrouvé toutes ses qualités physiques et montre actuellement l’étendue de ses qualités. C’est clairement l’un des joueurs majeurs de l’ASSE en cette fin de saison. Si Saint-Etienne peut encore espérer aller chercher une qualification européenne, c’est parce qu’un très bon Rémy est à la baguette. C’est l’un des dépositaires du jeu.

Quel regard portes-tu sur la saison d’Idriss Saadi, que tu as aligné 24 matches toutes compétitions confondues dont 11 fois en tant que titulaire ?
Idriss vit une saison un peu compliquée. L’équipe a fait un mauvais début de saison donc forcément, il cherchait une peu ses marques. On a changé de système de jeu. Les garçons qui ont évolué dans ce système a une époque où lui avait une petite blessure ont fonctionné correctement. On s’est donc appuyé sur ces joueurs-là, ça s’est fait à son détriment. Mais Idriss n’a pas lâché pour autant, bien au contraire ! C’est un garçon qui a un très bon état d’esprit. Il travaille beaucoup à l’entraînement, se remet en question, cherche à progresser. Il a marqué trois buts, aurait pu en mettre d’autres mais a eu un manque de réussite. C’est un peu le problème, un attaquant axial est souvent jugé à son nombre de buts. Il a des qualités de buteur, on l’a vu la saison passée quand il évoluait à Courtrai en Belgique. Il vit une saison plus délicate mais qui peut lui servir. Il cherche à retrouver sa place de titulaire, on a aucun souci avec lui. On compte sur lui et on espère qu’il va pouvoir revenir sur le devant de la scène.

Longtemps écarté des terrains, Benjamin Corgnet semble avoir retrouvé la forme et fait du bien à ton équipe en cette fin de saison.
C’est vrai. Il a été opéré, on a pris le temps de bien le soigner. Depuis qu’il est revenu, ça va très bien. Il n’a plus aucune douleur. C’est important pour lui déjà, c’est la chose prioritaire. Il fonctionne bien dans le rôle qui lui est dévoué. Benjamin est un joueur intéressant, il nous apporte vraiment une plus-value. Je peux le faire évoluer dans plusieurs registres. Le plus souvent il est plus ou moins meneur de jeu. C’est un poste qui lui convient parfaitement car ça lui laisse une certaine liberté offensivement. C’est un garçon capable d’être dans la surface adverse et de terminer certaines actions comme il est capable d’être au début et d’organiser le jeu pour lancer ces actions. Benjamin est un joueur très complet qui nous fait beaucoup de bien en ce moment.

Peux-tu nous faire un petit point sur l’infirmerie strasbourgeoise ? Blessés à Angers, Terrier et Aholou seront-ils rétablis pour affronter Sainté ? Quid de Lala, Nogueira, Da Costa et Mangane ?
Terrier ne sera pas rétabli, mais Aholou c’est envisageable. Lala ne sera pas là. Nogueira, c’est mort aussi. Da Costa et Mangane, on verra.

La Meinau, ça vaut Geoffroy-Guichard en termes d’ambiance ?
Moi j’ai connu le Chaudron à une époque où il n’y avait pas non plus le stade qui était plein à chaque fois. A Strasbourg, la plupart du temps, le stade est plein. Maintenant, c’est vrai que La Meinau est un stade beaucoup plus petit. C’est d’ailleurs pour ça qu’il va être refait dans les années qui viennent. Les dirigeants travaillent sur la réfection de ce stade. Je crois qu’il n’a pas été rénové depuis 1983, sa date de livraison. Forcément, ça date un peu ! C’est vrai qu’il y a une ambiance particulière à Saint-Etienne, j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour les supporters stéphanois. En tout cas, depuis que je suis arrivé à Strasbourg, je trouve qu’il y a une ambiance de folie. Les gens viennent vraiment à La Meinau pour s’amuser. Les gens arrivent une heure et demi ou deux heures avant le match, ils restent une demi-heure ou trois quarts d’heure après. Il y a toujours des supporters qui nous y attendent même quand on sort des réceptions avec nos partenaires. On sent beaucoup d’amour, de fierté et de passion dans le regard de ces gens, dans leurs discours. Il y a toute une ville, toute une région, je dirais presque tout un peuple derrière l’équipe. Ça crée des obligations. C’est comme à Saint-Etienne. On ne peut pas faire n’importe quoi quand on joue chez les Verts, on se doit de faire honneur au maillot. Quand tu joues dans des clubs comme l’ASSE et le RC Strasbourg, il faut honorer le public. Ce sont des gens qui donneraient tout pour nous. On se doit de tout donner pour le public. Moi je trouve ça extraordinaire. J’avais eu la chance de voir le match d’accession de CFA en National, ça doit faire 5 ans. C’était à Epinal, contre Raon-L’Etape. Il devait y avoir 4000 supporters strasbourgeois, ils ont mis une ambiance de dingue. J’étais sur le cul en voyant ça. Je suis arrivé ici avec cette image en tête. Et ça fait plus d’un an et demi que ça dure. On vit des moments privilégiés. On aimerait vivra ça toute sa carrière. Même si on n’est pas un grand joueur, même si on n’est pas un grand entraîneur, même si on n’est pas dans un top club, on peut vivre des moments sympas dans certains endroits.

Si tu redevenais recruteur stéphanois, quel élément actuel de ton effectif recommanderais-tu à l’ASSE ?
Aucune idée ! Je vais tout faire pour garder mes joueurs, déjà ! (rires) Pour être honnête, je préfère être entraîneur à Strasbourg que recruteur à Saint-Etienne. Mais je profite de ton interview pour remercier encore les dirigeants stéphanois, Roland Romeyer, Stéphane Tessier à l’époque ou Bernard Caïazzo et bien entendu surtout Dominique Rocheteau. L’ASSE m’avait recruté justement pour m’occuper du recrutement. A l’époque, j’étais un peu à la rue ! J’étais au chômage depuis 21 mois. Les dirigeants stéphanois m’ont permis de rebondir, ils m’ont remis le pied à l’étrier. J’ai cherché à donner le meilleur de moi-même dans ce rôle-là. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais. Je le redis à Romand Romeyer à chaque fois que j’en ai l’occasion. Ensuite j’ai pu rebondir, à Arles-Avignon, puis au Gazelec. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce qu’un club à un moment donné m’a tendu la main. Ce club, c’était l’ASSE. J’en suis très heureux, je sais ce que je dois à ce club.

Quel joueur stéphanois aimerais-tu débaucher au prochain mercato estival ?
Ah, je ne te cache pas qu’il y en a plusieurs qui m’intéressent mais je ne te dirai pas lesquels, désolé ! (rires) Je pense à des joueurs abordables pour nous bien sûr. Sur des postes bien précis on aimerait bien pouvoir recruter, malheureusement je pense que ce sera cher et je ne pense pas que Saint-Etienne soit trop vendeur de certains profils. Il y a trois ou quatre joueurs à l’ASSE qui pourraient nous apporter beaucoup. Je pense à des joueurs d’expérience, c’est surtout ce qui nous manque. A l’image d’un Benjamin Corgnet la saison dernière, on ne va pas faire des folies, on n’a pas besoin de chercher des joueurs avec cent sélections ou des trucs comme ça. On va chercher des garçons dans un rôle bien précis, susceptibles d’apporter une expérience qui nous fait un peu défaut et nous pénalise un petit peu depuis le début de saison. On a fait des petites erreurs qui ont coûté des points par manque d’expérience.

Pour terminer l'entretien, on te propose le deal suivant : tu nous laisse gagner samedi soir et ensuite tu finis la saison par quatre victoires contre Nice, Rennes, les vilains et Nantes, OK ?
Ecoute, je signe volontiers. En finissant aussi fort, on serait très largement maintenu et ce serait une très belle saison pour nous. Mais on ne compte pas lâcher le premier match qui arrive. Le match le plus important est toujours celui qui arrive. Saint-Etienne a besoin de points pour rester dans la course pour l’Europe mais on a aussi besoin de points pour assurer le maintien. Si Saint-Etienne doit l’emporter chez nous, il l’emportera, mais on va vendre chèrement notre peau.

 

Merci à Thierry pour sa disponibilité

 

 

par aloisio, le 12/04/2018


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