23 juillet 1988 : ASSE 0-0 Strasbourg   8°/11°
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Pressing et inefficacité offensive

Au delà du résultat positif, on peut aussi retenir du match à Bakou une facette du jeu stéphanois peu en vue jusqu'à maintenant : un pressing haut et très agressif qui prive littéralement l'adversaire du ballon. Mais ce pressing sert-il à quelque chose ?

Le premier quart d'heure


Ça n'a échappé à personne, contre Qabala les Verts ont produit un premier quart d'heure d'une très grande intensité. Très présents dans le jeu, récupérant le ballon dès qu'ils le perdait, ils n'ont pas laissé les adversaires respirer, même pas une seconde. Les chiffres parlent pour eux, 72% de possession dans les premiers 15 minutes, 4 tirs (2 cadrés), aucun pour l'adversaire. Mieux que ça, non seulement Qabala n'a pas tiré, mais il n'est quasiment pas sorti de sa propre moitié de terrain, comme l'illustre cette image de whoscored.com :


En orange les touchers du ballon azéris lors des premières 15 minutes, en bleu ceux des Stéphanois (qui attaquent de droite à gauche). A noter que tous les points oranges dans notre moitié sont issus d'une seule action, dans la première minute, après ils n'ont plus touché le ballon dans notre moitié avant la 16ème minute.

Bref, une grosse domination, grâce à un pressing très haut, qui sera illustré plus bas. Mais ce genre de pressing nécessite une grosse débauche d'énergie, il ne peut pas être soutenu très long temps. Et donc graduellement les Verts ont levé le pied, ont été moins agressifs sur le porteur du ballon et ils ont ainsi permis à l'adversaire de prendre confiance et se montrer de plus en plus dangereux : 50% de possession verte lors du quart d'heure suivant (2 tirs à 1 pour les Azéris) et seulement 42% de possession Verte lors du dernier quart d'heure avant la pause (6 tirs à 2 pour les Azéris).

Alors, quel est l'intérêt d'une telle débauche d'énergie pendant une période limitée, si après on subit le contre-coup physique ? La réponse tactique est simple : on tue le match lors d'un gros temps fort et après on gère tranquillement. Sauf qu'il y a un léger problème avec cette tactique : il faut pouvoir tuer le match, il faut marquer des buts. Parce que sinon, à la fin du temps fort, on n'est pas plus avancés, seulement plus fatigués.

Et contre Qabala, si les Verts ont été très présents dans les duels lors de ce premier quart d'heure, ils ne l'ont pas été dans la surface adverse. Sur l'image ci-dessus on voit clairement qu'on a pas trop joué à l'intérieur et aux abords de la surface. Et si c'est compréhensible vu que l'adversaire ne faisait que défendre, ça le devient quand on pense à la débauche d'énergie pour récupérer le ballon haut. Il y a des entraîneurs, comme Klopp, qui considèrent le pressing comme le meilleur meneur de jeu : on récupère le ballon haut, la défense n'est pas en place, on se crée des occasions. Nous, on a essayé de le récupérer haut et à chaque fois qu'on l'a fait, on est repassé par la défense pour construire une attaque placée. Et quand notre avant-centre touche un seul ballon dans la surface pendant un tel quart d'heure, on a des faibles chances d'être efficaces offensivement et on ne peut donc pas bonifier les efforts consentis.


Pressing haut et attaque placée


Pour mieux comprendre à la fois le pressing mis en place et l'utilisation du ballon récupéré par la suite, prenons un exemple. On joue à la 5ème minute et, pour ne pas rendre trop rapidement le ballon, le goal adverse ne le dégage pas loin, mais le donne à un de ces centraux. Le pressing stéphanois se met tout de suite en route :


Beric, Saivet, Tannane et Malcuit ferment tous les angles de passe et poussent le défenseur vers le coin du terrain. Il arrive à envoyer le ballon vers le centre du terrain - où avec un peu de chance il est récupéré par un de ses coéquipiers, mais qui est tout de suite entouré par nos joueurs :


Cette fois, Tannane, Saivet, Veretout et Malcuit l'entourrent et lui coupent les possibilités de passe, alors il redonne le ballon à son gardien, qui joue avec le défenseur central et 20 secondes plus tard, on est dans la même situation :


Le défenseur balance de nouveau le ballon vers son milieu du terrain, mais cette fois-ci, il est récupéré par Selnaes et Veretout. On a donc empêché une sortie propre du ballon pendant plus de 20 secondes et on a fini par le récupéré à 40m des buts adverses. Mais pas pour se lancer tout de suite en attaque contre un bloc pas en place - Veretout préfère jouer en arrière, avec Pogba, qui combine avec Perrin :


Finalement Perrin lance Malcuit dans son couloir et l'attaque stéphanoise commence :


On peut rémarquer plusieurs choses sur cette capture d'écran. La défense adverse est en place, KMP est pris par le latéral, Beric se trouve entre les deux centraux. Tannane, comme à son habitude, n'est pas dans le couloir, mais un peu axial - il est pris par la sentinelle adverse, mais aspire en même temps le milieu latéral. Ce cas de figure a été très fréquent, Malcuit a été rarement pris par le milieu latéral, il a été la responsabilité du défenseur. Peu importe, le jeu est sur ce côté, Malcuit combine avec Tannane en profondeur, sauf que celui ci n'essaie pas de centrer ou de passer en un contre un avec le milieu qui l'a suivi, il se retourne, redonne le ballon à Malcuit et l'attaque devient statique - celui-ci garde le ballon sans bouger (et sans se faire attaquer), pendant 2-3 secondes :


On est ainsi passé d'un ballon récupéré haut, à un jeu sur un côté, d'abord en profondeur et après arrêté. Pour débloquer cette situation de deux contre deux sur le côté, Veretout vient prêté un coup de main - il est libre parce que le milieu latéral s'est positionné dans la défense centrale, en couverture d'un éventuel dribble dans la surface de Malcuit ou Tannane. Il faut aussi souligner le replacement de KMP, qui a quitté son côté, venant chercher le premier poteau en espérant un centre quand Malcuit a lancé Tannane en profondeur.


Veretout n'est pas utilisé, Tannane fait ce qu'il sait le mieux, il porte le ballon en rentrant vers l'axe. Il s'appuie dans un un-deux sur KMP pour se mettre dans une meilleure position :


Et il arme une frappe (cadrée) de 25m de son pied gauche, jeu tout à fait classique pour un ailier inversé. Il n'avait pas d'autres possibilités, sauf peut-être de dribbler (ou de chercher un autre un-deux avec Beric) pour s'approcher des buts : l'attaque était en sous-nombre, la défense en place. La hauteur de la récupération du ballon - suite à un pressing très bien coordonné - n'a eu aucune incidence sur le reste de l'action.

Conclusions


Le jeu produit par les Verts lors du premier quart d'heure a été impressionnant et très agréable à regarder, mais pas dangereux pour l'adversaire. S'il avait été accompagné d'une efficacité offensive, il aurait été parfait. S'il y a donc de la place pour s'améliorer, ça représente quand même un pas de plus vers une qualité de jeu supérieure et il ne faut pas oublier que ça a été accompagné d'une victoire à la fin. Et au delà des 3 points, on a maintenant la possibilité d'assurer la qualification lors du 5ème match de poule, à domicile, où il faudra gagner ou faire 0-0 ou 1-1 contre Mayence. Ce n'est pas donné à tout le monde d'être dans un ballottage si favorable et il faut apprécier une telle opportunité, tout comme il faut apprécier les différentes approches de produire un beau jeu. Les résultats sont là et si la manière n'y est pas totalement, elle commence à l'être de plus en plus, on finira par y arriver.

 

par Pilou83, le 06/11/2016


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