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13 janvier 1986 : Naissance de Jessy Moulin

LE SPHINX 13/01/2018
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Grand espoir au poste de gardien de but quand il est arrivé au club, le natif de Valence représente l'archétype de la doublure exemplaire: rarement titulaire, toujours souriant, Jessy Moulin est l'exemple même du joueur de devoir et de vestiaire...


Né en janvier 1986, Jessy débute son apprentissage du football dans le club des Tourettes, juste à côté de Montélimar. D'abord attaquant, il découvre le poste de gardien en remplaçant l’un de ses camarades entre des poteaux pas carrés. Et là, c’est le coup de foudre ! Il reste six ans au total aux Tourettes, intégrant ensuite les rangs de l'UMS Montélimar, l'ancien club de Christian Lopez et Claude Abbes. A l’occasion d’un tournoi en salle où il est élu meilleur gardien du tournoi, il est repéré par l’AS Saint-Étienne et ne reste donc qu’une seule saison dans la Drôme.

Ce fan de l’OM (à l'époque du moins) apprécie alors le cocooning familial et hésite longtemps à faire le grand pas. Il finit par se décider et fait ses valises direction Sainté. Emportant ses réserves de nougat avec lui, denrée rare dans le froid forézien, il découvre le centre de formation stéphanois en 1999 à treize ans. Compte tenu de son jeune âge et du fait d’un déracinement inhabituel pour lui, son adaptation est difficile.



Un Jessy Moulin chevelu (!) lors de ses jeunes années à l'ASSE


Dès sa seconde saison, une fracture du poignet freine sa progression et l’envoie potasser la théorie loin de l’herbe grasse et verte de l’Étrat, pendant six mois. Il en revient plus fort et fait même partie de quelques sélections de jeunes. De Nicolas Dyon à Gérard Fernandez, en passant par Gilbert Ceccarelli et Gilles Rodriguez, entraîneur qui le marquera réellement, Jessy poursuit sa progression sous la houlette de ses éducateurs. Son explosivité et sa vivacité sur sa ligne lui permettent de se faire remarquer par l’environnement du club. Son style, qui n’est pas sans rappeler celui d'un célèbre Spiderman, pousse même ce dernier à déclarer un jour qu’il verrait bien Jessy lui succéder pour sauver la veuve, l’orphelin, et accessoirement garder inviolées les cages de l’ASSE. Son côté casse-cou reste un atout de choix, à un poste qui n’autorise pas la peur.



Moulin gardien de la réserve, une image récurrente


Devenu professionnel en 2004, Jessy grimpe tranquillement les échelons au club et malgré la concurrence de Florent Guillaud et Alan Mermillod, il devient gardien de la réserve un an plus tard, en alternance avec Jody Viviani. Certes, il joue un peu mais l'envie d'être titulaire au haut niveau le ronge. En 2008, alors qu'il est toujours n°3, le club décide le prêter pour l'aguerrir et lui permettre d'accumuler du temps de jeu. Jessy Moulin découvre donc les joies du football professionnel en National, à l'AC Arles (pas encore Avignon).
Dans la vaste cité provençale, Jessy est titulaire et un acteur majeur de la montée en L2 obtenue par son club cette saison-là. Mais malgré ses 26 matches, il n'est pas conservé par ce qui deviendra l'ACAA: "Ils n’ont pas été très corrects avec moi et je n’ai pas pu y retourner en Ligue 2".



Jessy s'impose à Arles en 2008-09


Qu'à cela ne tienne ! Si la L2 ne veut pas de lui, Moulin s'est fait un nom en National et l'EFC Fréjus-Saint-Raphaël l'accueille les bras ouverts. Une quinzaine de matches plus tard, Fréjus ne décolle pas vraiment et ne transforme pas non plus ce prêt en transfert définitif.
Jessy retourne donc à Saint-Étienne à l'été 2010, peu confiant sur ses chances de jouer et là, surprise ! Le voilà bombardé doublure de Jérémie Janot, malgré la présence dans l'effectif de Vincent Planté, finalement prêté à... Arles. On comprendra d'ailleurs aisément qu'avec un tel flair dans le recrutement, l'ACAA retourne aussi sec en L2 à l'issue de la saison...



Sous le maillot de Fréjus, Moulin reste un intérimaire


Moulin prend donc place sur le banc des remplaçants de L1, derrière l'indéboulonnable Janot, un exemple en terme de patience, lui qui avait dû attendre 6 ans avant d'être enfin considéré comme n°1. Pour autant, Jessy doit ronger son frein. Snobé par Christophe Galtier dans les coupes nationales, il ne réalise son rêve de jouer dans l'élite qu'à la toute fin de la saison: lors de la 36e journée, Janot se blesse à la 38e minute d'un match face à Rennes et voilà Jessy propulsé dans le grand bain: "Quand le stade a scandé mon nom, j'ai eu une énorme montée d'adrénaline. Ce fut très intense, un souvenir inoubliable et un moment que je me remémore très très souvent, peut-être trop même" (Six-mètres).
Titulaire pour les deux derniers matches de la saison, il ne connait cependant pas le frisson de la victoire (deux défaites, un nul, 5 buts encaissés) mais peut envisager sereinement son avenir à Saint-Étienne.



Moulin remplace Janot pour sa première en pro face à Rennes en mai 2011


Le problème, c'est l'intersaison 2011-12. A la surprise générale, l'ASSE réalise un superbe coup sur le marché des transferts en engageant Stéphane Ruffier. Pour Jessy, c'est le retour à la case 3e gardien: "C’était une énorme déception. Je venais de jouer en L1 et je me disais que j’avais mis un pied à l’étrier. J’apprends l’arrivée de Stéphane Ruffier dans les journaux. J’ai compris que c’était fini pour moi. C’était dur, très très dur parce que ton rêve éveillé se termine" (France Football).
Le club lui signifie néanmoins sa confiance en prolongeant son contrat jusqu'en 2014, mais à 25 ans, cette situation ne lui convient plus: il repart en prêt, à Clermont cette fois. Ce troisième prêt n'est pas le meilleur, loin de là. Il n'arrive pas à obtenir la confiance de son entraîneur et confiné aux matches de coupe (où il connaît enfin la joie de la victoire en pro mais jamais dans le temps règlementaire), il ne participe qu'à deux matches de championnat, pour une seule titularisation: "J’y allais pour jouer. Mais le gardien devant moi se montrait performant. Je faisais les aller-retours tous les jours depuis Saint-Étienne pour continuer d’habiter avec ma famille. Et là, je me dis que c’est la fin du monde pro"



Malheureusement, Clermont ne sera pas une terre de cocagne pour Jessy


Las, le voilà de retour à Saint-Étienne pour la saison 2012-13. Janot parti, Moulin redevient doublure officielle de l'ASSE mais Stéphane Ruffier ne lui laisse guère l'occasion de briller. En fait, il n'en a qu'une, en Coupe de France face à Meaux (0-0, victoire aux TAB), lors d'un match où il n'a pratiquement rien à faire. Mais la victoire en Coupe de la Ligue en 2013 a au moins le mérite de lui offrir son premier titre, auquel il contribue surtout par sa bonne humeur communicative.
La saison suivante, rebelote, un tout petit match de Coupe de France face à Cannes (1-1, défaite aux TAB) et retour sur le banc. Encore pire lors de la saison 2014-15 puisqu'il ne dispute pas une seule rencontre en pro. Jessy n'en perd pas le moral pour autant: "C’est difficile de garder la confiance, de se dire qu’on est important pour le club, qu’on compte sur vous. Mais il faut vivre avec ça, ça s’apprend".



Meaux, Cannes... La Coupe de France permet parfois de voir Jessy Moulin dans les buts


Finalement, c'est lors de la saison 2015-16 que la doublure stéphanoise retrouve le feu des projecteurs. Le calendrier est infernal et la qualification précoce pour les 16e de finale d'Europa League pousse Christophe Galtier à le récompenser en le titularisant lors du dernier match de poule face à la Lazio Rome. Un match pour du beurre qu'il aborde avec grand sérieux, permettant à son club d'obtenir un nul 1-1 de haute volée. Quelques jours plus tard, il est à nouveau choisi pour garder les cages de l'ASSE lors d'un match suicide en Coupe de la Ligue face au PSG au Parc des Princes: leader d'une équipe extrêmement rajeunie, Jessy s'en sort avec les honneurs en multipliant les parades jusqu'à la fatale 86e minute (défaite 1-0)



Jessy se frotte à la crème de la crème en Coupe de la Ligue fin 2015


Son total de matches officiels joués sous le maillot de l'ASSE s'élève ainsi à 7 et il a 31 ans. Difficile de croire que les choses vont s'accélérer pour lui. Et pourtant... La saison 2016-17 va s'émailler de divers évènements imprévus qui vont ramener Jessy sur le devant de la scène.
Tout d'abord, Stéphane Ruffier se fait bêtement expulser pour un geste d'humeur lors du barrage retour d'Europa League contre le Beitar Jérusalem (0-0). Tandis que son éternelle doublure le remplace pour assurer la qualification, sa suspension est étendue à 3 matches, laissant ainsi le champ libre à Moulin pour enchaîner toute la phase aller (Mayence-Anderlecht-Qabala) en restant invaincu.
Puis ce même Ruffier se blesse tout seul en Coupe de la Ligue face à Nancy mi-décembre et se retrouve indisponible deux mois. Jessy peut à nouveau revenir en pleine lumière dès le samedi suivant à Lorient ! Enfin... juste pour 10 minutes, le temps pour lui de se faire expulser et de laisser sa place, pourtant si patiemment acquise au jeune Anthony Maisonnial.



Cauchemar pour Moulin qui gâche d'emblée sa belle opportunité à Lorient


Sa suspension purgée, le n°2 stéphanois, temporairement numéro 1, retrouve les buts stéphanois et enchaîne les bonnes performances (3 victoires, 1 nul, 2 défaites), laissant presque planer le doute sur l'identité du futur titulaire. Las, dès son retour sur le pré, Stéphane Ruffier aligne un clean sheet face à Lorient (4-0) et récupère son poste jusqu'à la fin de la saison.
Moulin aura toutefois eu le plaisir et l'honneur d'assurer un superbe succès 2-0 dans le Derby lors de la 23e journée. Et aussi la satisfaction de constater que la patience paie. La preuve: un an après sa titularisation expresse à Lorient, Jessy voit l'histoire se répéter: Ruffier est à nouveau expulsé pour avoir parlé à l'arbitre assistant lors d'une déroute contre Monaco (0-4) et sa suspension est inexplicablement fixée à 4 matches (!)
Une aubaine pour Moulin qui peut à nouveau faire montre de son talent pour 6 rencontres supplémentaires avant que le taciturne portier du sud-ouest ne retrouve sa place fin janvier.
En une saison et demie, le total de rencontres disputées par Jessy Moulin vient alors de tripler !



Jessy Moulin est l'un des acteurs du renouveau stéphanois début 2018


Papa d'une petite Myla en 2009, apprécié dans le vestiaire pour son côté blagueur, Jessy Moulin n'aura certes jamais pu affoler les compteurs mais il aura su saisir avec patience les opportunités de sa carrière tout comme l'âge aura su le faire relativiser. Sa vie est aussi naturelle que sa carrière est atypique, rythmée par les entraînements et les nombreux moments de détente, sans jamais faire du football le centre de ses priorités: "Mon avenir ? J’y réfléchis un peu. Ce sera une question d’opportunité. Si on trouve un poste au centre, pourquoi ne pas entraîner les jeunes gardiens. Mais sinon le foot… ce n’est pas un monde qui me plaît énormément. Aujourd’hui, je suis totalement heureux. Toute ma famille va bien, c’est l’essentiel"

Ce ne serait pas cà la recette du bonheur ?

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