Un match dont le héros était très discret, et qui fut effacé des tablettes de l'histoire...


La feuille de match
Samedi 2 décembre 2000 - Championnat de France de L1 - Stade Geoffroy-Guichard
19e journée: ASSE 1-0 Toulouse
Spectateurs: 21.544 - Arbitre: M. Hamer 

Buteur: Potillon (85e) 

ASSE: Levytsky - Carteron, Kvarme, Wallemme (F.Diawara 88e), Mettomo, Potillon - Sarr, Huard, Pédron (Sablé 64e) - Sanchez (Chavériat 50e), Alex. Entraîneur: John Toshack
Toulouse: Revault - Uras, Lièvre, Prunier, Jambay - Carotti, Cascini (Rouvière 69e), Regragui, Courtois (Moreau 61e) - Bonilla (Libbra 72e), Dieuze. Entraîneur: Robert Nouzaret



Les faits du match
De retour à Geoffroy-Guichard à la tête du TFC, Robert Nouzaret compte sur son 4-4-2 classique pour contrarier une équipe stéphanoise fidèle à son 5-3-2 depuis l'arrivée de Toshack. Mais les conditions météorologiques laissent à désirer puisque la pelouse détrempée ressemble plus à une piscine qu'à un terrain de football. Les joueurs vont d'ailleurs tenter d'en profiter d'entrée de jeu en multipliant les frappes lointaines.

Les Verts sont les premiers en action avec Pédron (5e) et Sarr (8e et 11e) qui inquiètent Revault par des frappes à ras de terre. Bonilla les imite rapidement du côté toulousain, mais sans plus de réussite (10e). Même si le début de partie est agréable, les conditions de jeu difficiles nuisent beaucoup à la qualité de la dernière passe. A la demi-heure de jeu, les Foréziens haussent quelque peu le rythme de la partie à l'image d'Alex qui, d'une frappe croisée à l'intérieur de la surface (30e), frôle le montant gauche du but de Revault figé sur ses appuis. Sanchez lui emboîte le pas d'un tir enveloppé des 20 mètres, sans succès (33e).



Laurent Courtois met Patrice Carteron en difficulté


Bien regroupés en défense, les visiteurs laissent passer l'orage et profitent de la moindre faute d'inattention des Verts pour se montrer dangereux. Les hommes de Toschack ne s'en laissent pourtant pas compter à l'image de Lionel Potillon (photo) qui oblige Revault à un arrêt de grande classe d'une demi-volée à l'entrée de la surface (39e). Sur le corner qui suit, Sanchez manque de peu de profiter d'une action confuse devant les cages toulousaines.

Après le repos, bien aidés par l'amélioration des conditions de jeu, les Stéphanois font le siège de la surface toulousaine. Lancé par Kvarme à la limite du hors jeu, le Brésilien Alex est tout près de concrétiser cette domination territoriale en décochant une frappe terrible à quelques centimètres de la lucarne de Revault (54e). Les hommes de Nouzaret restent cependant à l'affût comme le montre Bonilla à l'heure de jeu en frôlant la transversale de Levytsky d'un joli coup-franc des 25 mètres.



Pape Sarr tente de s'infiltrer entre Cascini et Jambay


Entre mauvais choix et approximations, les occasions franches se font toutefois rares. Seul Loïc Chavériat, astucieusement décalé par Alex à l'entrée de la surface, donne la possibilité au public du Chaudron de s'enthousiasmer un peu. Mais la frappe enroulée du jeune attaquant stéphanois ne fait que raser la lucarne du portier toulousain (70e). Dieuze relance ses coéquipiers dans la foulée en reprenant un corner de Moreau d'une tête qui oblige Levytsky à se coucher (73e). Un feu de paille... On se dit que la décision ne peut se faire que sur coup de pied arrêté ou sur une erreur défensive. Les Toulousains vont additionner les deux en concédant un corner bientôt frappé par Julien Sablé et repris victorieusement par Potillon, seul au deuxième poteau, qui trompe Revault d'une tête puissante en extension (1-0, 85e). Le score ne bougera plus. Le portier toulousain peut en vouloir à ses défenseurs, bien passifs pour le coup.



Potillon au dessus de la mêlée


Ils ont dit
Alain Bompard: "Ce n'était pas un match Bompard-Nouzaret pas plus qu'un match Soler-Nouzaret mais bien un ASSE-TFC. Il nous fallait les trois points et pas une revanche d'hommes. J'avais eu une discussion le matin avec mes joueurs et je savais qu'il allait se passer quelque chose ce soir. Le mot que chacun d'entre eux ou presque a eu en sortant m'a réconforté ils m'ont dit que cette victoire état pour Gérard (Soler) et moi"

Lionel Potillon:"Peu importe que ce soit moi qui marque mais il est clair qu'il était important que nous l'emportions ce soir. Les conditions climatiques ont rendu ce match très difficile, c'est une des raisons qui expliquent que la décision se soit faite sur un coup de pied arrêté"




Le Saviez-vous
? 
- Ce match gagné sur le terrain par les Verts sera finalement donné perdu sur tapis... vert, le 6 février 2001, dans le cadre de la triste affaire dite des "faux-passeports", et le bénéfice de la victoire offert à Toulouse avec un score de 0-0. L'ASSE terminera la saison 19e et reléguée en D2.

- Pour les Toulousains, la bonne série prend fin. Pourtant, malgré le gain ultérieur des 3 points de la victoire (décision du Conseil d'État du 25 juin 2001), Toulouse finira la saison 16e et sera donc relégué sportivement puis administrativement en National. Bien fait !

- Limogé au soir de la 9e journée, après une défaite à Strasbourg (3-2), Robert Nouzaret prend la place d'Alain Giresse et redresse le TFC. Mais il ne réussit pas son retour dans le Chaudron. Le speaker du stade l'"oublie" d'ailleurs étrangement au moment de l'annonce des compositions des deux équipes. A la relégation du TFC en fin de saison, Nouzaret sera à nouveau remercié et ira se relancer à Bastia.

- Le discret Lionel Potillon aura inscrit 11 buts lors de ses sept saisons passées sous les couleurs stéphanoises. Il quittera les Verts pour le PSG à l'été 2001 puis sera prêté à la Real Sociedad avant de finir sa carrière à Sochaux en 2007. Il travaillera au service marketing de l'ASSE, entraînera l'US Chamboeuf pour finalement devenir le dirigeant de l'association Coeur-Vert en 2011.

- Un ancien Vert porte les couleurs violettes de Toulouse ce soir-là: c'est Bruno Carotti, le milieu de terrain avait été prêté à l'ASSE l'année précédente lors du mercato d'hiver. Il avait joué 13 matches et marqué un but (contre Montpellier)

- Ce mois de décembre 2000 verra John Toshack, le mercenaire au long cours, quitter le club au moment des fêtes de Noêl. Il restera au yeux de beaucoup de supporters l'une des pires couleuvres qui leur ait été donnée d'avaler.