28 juin 1998 : France 1-0 Paraguay - Huitième de finale de Coupe du Monde   8°/11°
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On ne change pas une tactique qui gagne...

... même si elle n'est pas forcément adaptée à l'adversaire du jour. Et même si on perd à la fin, c'est peut-être un mal pour un bien.

La théorie

 
Depuis la pause du match contre Angers, les Verts sont passés dans un système 4-2-3-1 avec deux milieux axiaux et un joueur (Hamouma, Saivet ou Dabo jusqu'à maintenant) en soutien de l'avant-centre. Les deux derniers matchs (Lyon et Nice) ont été joués contre des adversaires assez forts, qui ont eu la possession du ballon (69%, respectivement 65%), ce qui signifie que les Verts ont passé un bon moment défendre en bloc. D'un point de vue défensif, ce système est un 4-4-2, donc deux lignes de 4, sans sentinelle entre elles, et un premier rideau de 2 pour empêcher la construction adverse. Mais ce système défensif 4-4-2, est-il adapté contre des équipes qui gardent bien le ballon et qui jouent avec 3 milieux axiaux ?
 
Si l'adversaire joue avec un "10" entre les lignes (4-2-3-1 pour eux aussi), sans sentinelle ça peut être difficile. La solution passe par un bloc très serré (les deux lignes de 4 ne laisse pas d'espace entre elles) et un bon coulissage de milieux pour couper les angles de passe vers ce "10". Si l'adversaire joue avec un "6" (4-3-3) qui organise le jeu devant la défense, la solution passe par un gros pressing des deux attaquants, pour l'empêcher de construire, et par une grosse pression du bloc dès que le ballon passe le premier rideau. Autrement dit, les ingrédients qu'on a mis lors du derby - même si en théorie on avait moins de milieux axiaux qu'eux, ça ne s'est pas vu, au moins tant qu'on a pu faire le pressing et l'intensité dans les duels.
 
Nice joue aussi en 4-3-3, mais il y a quelques différences. Le positionnement entre les lignes est en général le ressort des ailiers et il n'y a pas un milieu défensif qui organise le jeu de très bas pendant que deux relayeurs font des aller-retours dans le bloc. Les trois milieux axiaux de Nice jouent ensemble, toujours proches les uns des autres, soit tous bas (avant la première ligne de 4), soit tous haut (dans le bloc). Le surnombre des milieux axiaux (3 contre 2) devient alors très important, le bloc défensif formé par deux lignes de 4 n'a plus la supériorité numérique pour colmater les décalages créés.
 
Mais assez avec la théorie, prenons un exemple pour illustrer le 4-3-3 Niçois et les problèmes qu'il a causé au 4-4-2 Stéphanois.
 

La pratique

 
A la 5ème minute, le goal adverse joue avec un défenseur central qui, pas attaqué, monte un peu avec le ballon. Sur cette capture d'écran on voit bien le 4-4-2 stéphanois (enfin, si Roux descendait suffisamment pour être visible) et l'espace entre les lignes, bien pris par l'arbitre :
 
 
Côté niçois, les trois attaquants sont en place, le latéral gauche est très haut (obligeant KMP de  le suivre) et le trio des milieux axiaux en position aussi. Vu qu'ils échangent sans cesse de place, on les note M1, M2, M3 et leur positionnement relatif mérite d'être suivi tout au long de l'exemple. Le central s'appuie sur un d'entre eux, qui renvoie le ballon vers l'autre central :
 
 
En passant par le M3 le jeu est envoyé sur l'aile gauche, l'ailier reçoit le ballon et le latéral double dans son dos. Comme l'espace entre les lignes est assez conséquent, l'ailier gauche adverse porte le ballon vers l'axe du terrain. Il fait un un-deux avec l'avant-centre, puis continue à traverser le terrain entre les lignes et il finit par jouer en arrière avec le M2 :
 
 
A noter que l'autre ailier a traversé le terrain en sens inverse, que les deux latéraux sont montés haut et que les trois axiaux sont dans notre moitié. Ils sont théoriquement pris par Selnaes, Veretout et Saivet, sauf qu'en pratique ce n'est pas le cas : si Saivet court pour s'approcher du M1, Selnaes doit couvrir l'ailier gauche qui se promène entre les lignes et qui est plus près de lui que de la défense. Ce qui laisse deux adversaires et aucune chance à Veretout. Le jeu est envoyé vers l'aile gauche de nouveau, au latéral qui lance l'ailier (opposé) en profondeur - les deux étant bien suivis par nos deux joueurs dans ce couloir, RPG et Hamouma.
 
 
L'ailier centre en retrait pour... M2, qui s'était projeté dans la défense à côté de son avant-centre, pendant que les deux autres axiaux restaient aux 25m. Il centre en retrait à son tour, pour le duo ailier-milieu axial, tous les deux très seuls : Saivet n'avait pas suivi le M1, Selnaes et KMP avait mordu à l'appel en profondeur de l'AC et M2. Heureusement le tir de loin du M1 est contré par Selnaes, le ballon arrive à Veretout qui le garde un peu malgré le pressing adverse...
 
 
... et qui arrive à trouver un appui sur Saivet, qui donne à Selnaes et qui lance Pogba et KMP dans leur couloir gauche. KMP monte avec le ballon et tire de loin, mais sa frappe est trop molle. Le ballon devient de nouveau niçois et une nouvelle attaque se met en place : 
 
 
Cette fois-ci c'est M1 plus haut que les deux autres, il joue avec l'avant-centre, qui joue en retrait avec les axiaux qui se font des petites passes, pas vraiment gênés par Saivet et Roux, et qui lancent de nouveau l'ailier gauche dans son couloir. 
 
 
Il redonne le ballon aux axiaux, qui l'envoient sur l'autre côté via un enchaînement des passes précises - on ne peut pas dire qu'ils jouent à l'intérieur du bloc stéphanois, plutôt en dehors, mais vraiment pas gênés, ni par nos milieux (qui les attendent), ni par nos attaquants. Comme auparavant, nos deux joueurs de couloir (Pogba et KMP) gèrent bien leur deux adversaires, Pogba récupère le ballon, mais il le dégage en touche. La touche est jouée et le ballon renvoyé en retrait via les trois axiaux : 
 
 
Pour la suite de l'action, il faut bien regarder le positionnement des trois milieux, ainsi que celui de Selnaes, Veretout et Saivet. Comme le jeu a été envoyé de l'autre côté, tout le bloc stéphanois coulisse : 
 
 
Le couloir est de nouveau bien pris par RPG et Hamouma (contre latéral plus ailier), la défense a suivi, KMP défend aussi. Les trois axiaux adverses se sont disposés sur la largeur et nos deux milieux ont glissé aussi, s'occupant chacun d'un milieu (Veretout devant le M3, Selnaes suivant M1). La qualité de passe adverse fait la différence, l'ailier fait un un-deux avec le M1, traversant de nouveau le terrain devant la défense :
 
 
Sur cette capture d'écran on note le nouveau positionnement de Saivet, qui est venu serrer de ce côté aussi, laissant ainsi tout seul le troisième milieu adverse, M2. La suite est simple, appui sur l'avant-centre, passe en retrait, frappe de loin et but.
 
Deux minute de jeu, avec une possession niçoise interrompue seulement par un contre stéphanois intercalé entre deux conclusions similaires des attaques adverses, des tirs de loin. Le jeu adverse fait essuie-glace, les ailiers adverses piquent dans l'axe, les latéraux sont très haut, ce qui fait que notre bloc doit sans arrêt coulisser. Et comme les adversaires ont trois milieux axiaux très mobiles, nos deux milieux ne peuvent pas tout couvrir. Les milieux latéraux non-plus, ils sont nécessaires dans les couloirs, les défenseurs non plus, ils ont du fil à tordre avec les trois attaquants qui bougent sans arrêt. Résultat ? Des décalages sont toujours trouvés...
 
 
 

Conclusions

 
Nice n'est pas Lyon, ni dans le style, ni dans la qualité du jeu produit. Et les Verts n'ont pas pu remettre la même intensité dans le pressing et les duels que trois jours plus tôt, surtout sans l'apport du public et la motivation d'un derby. Et ils ont donc perdu, assez logiquement, mais il y a un détail qui mérite d'être souligné. Pour la première fois depuis un moment, l'ASSE n'a pas été une équipe caméléon, qui change de système rien que pour contrer les points forts de l'adversaire. Le choix a été fait de persister avec le "nouveau" style de jeu trouvé, pour le peaufiner, pour s’exercer, surtout contre un adversaire plus fort. Il n'y a que ça pour gommer les petits défauts, les entraînements ne suffisent pas, même si les stages de janvier semblent quand-même avoir atteint leur but. Il faut maintenant continuer, persister, et surtout espérer que les blessures nous permettent de travailler avec un groupe stable, pour améliorer les automatismes.
 
 
 

 
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par Pilou83, le 09/02/2017


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