Encore un symbole de cette génération verte qui connût les joies de l’Europe avant de mouiller le maillot des sueurs froides de la lutte pour le maintien...


Lorsqu’il rejoint l’ASSE à l’été 2007, Cédric Varrault apparaît comme un joueur de club, solide et généreux à défaut d’être génial. Latéral droit reconverti à gauche, Varrault a fait jusqu’alors l’ensemble de sa carrière professionnelle à l’OGC Nice où il s’est imposé dès ses 20 ans comme titulaire, après des débuts dans les équipes jeunes de Menton (06). Promu en L1 en 2002, le club azuréen s’installe dans le ventre mou et ne fait guère mieux qu’une huitième place en 2006. Si Cédric veut franchir un cap, il le sait, il doit partir.



Varrault (à droite) se révèle à Nice aux côtés de Sebastien Roudet


Il débarque donc dans "le plus gros club de sa carrière" (Poteaux Carrés), qui recrute en masse à l'été 2007, avec Payet, Matuidi, Guarin, Tavlaridis par exemple mais aussi Nilsson, Douala, Gigliotti ou Nivaldo. Cédric fera t'il partie des satisfactions ou des boulets de la saison ?
La réponse est rapide et la mayonnaise prend d’entrée: titulaire dès le premier match et toute l'année sur le côté gauche, Varrault séduit et convainc. Dès sa première saison, l'ASSE décroche une qualification européenne et le record de la défense la plus solide de l’histoire du Chaudron (4 buts en 19 matches de L1). Il marque même son premier but sous le maillot vert au Mans lors d'une défaite 3-2. Certes, Varrault est également coupable d'une faute bête qui permet au vilain Benzéma d'égaliser sur coup-franc dans le derby mais à part ce petit loupé mémorable, tout va pour le mieux.



Cédric Varrault s'impose dans l'effectif stéphanois dès sa première saison


Sauf que dès l'année suivante, la déconfiture commence pour le club et pour lui. Pas vraiment impérial ni agressif, Cédric n'est pas étranger au faible rendement de l'équipe stéphanoise tout au long de la saison. L'ASSE encaisse de nombreux buts et lui coule régulièrement, comme toute la défense, lors de calamiteux déplacements à Guingamp (4-1), Lorient (3-1) ou Toulouse (3-1). Ce n'est guère mieux à domicile avec moults match nuls et quelques belles déroute comme face à Lorient encore (1-4) ou Rennes (0-3). Pourtant, cette saison 2008-09 reste attractive grâce à l’excellent parcours européen des Verts et Varrault la dispute avec le sérieux et l'envie qui caractérisent son style de jeu: "Quand on participe à une compétition européenne, ce sont des souvenirs que l’on garde toute notre vie". Il dispute 40 matches lors de cette pénible saison.



Le style Varrault en une image: peu académique mais pas commode pour l'adversaire (photo le Bien Public)


Heureusement pour les nombreux amoureux de l'ASSE, les Verts se sauvent in extremis à la dernière journée et sa saison 2009-10 est plus compliquée. L'apparition du jeune Yoann Andreu et les repositionnements ponctuels de Diakhaté ou Bayal lui grignottent du temps de jeu. Varrault joue moins (26 matches) mais inscrit quand même son unique but à Geoffroy Guichard, contre le Mans encore (2-0). Cette performance lui vaudra un chant spécial de la part des Green Angels librement inspiré d'un air bien connu d'Éric Morena:
"Cédric Varrault Ohohohohohohoooo (bis)
Oui de tous les latéraux
Tu es vraiment le plus beau !"



Moins en vue sur son côté gauche, Varrault joue beaucoup moins lors de sa dernière saison en Vert


Contrairement à d’autres, son expérience stéphanoise ne finit pas en queue de poisson: une fois l'ASSE sauvée pour la seconde fois consécutive, le club lui propose même une prolongation pour participer à la reconstruction à la Galette. Mais Cédric Varrault hésite. Cela fait dix ans qu’il est professionnel, l’étranger le titille… et le Panionios d'Athènes se présente. La Grèce est alors un refuge pour anciens Stéphanois (Tavlaridis, Viviani, Mirallas…) alors Varrault se lance. Ce sera un formidable ratage, essentiellement pour des raisons extra-sportives: "Le club a rapidement été vendu et j’ai connu quatre entraîneurs et trois présidents en une saison. À partir du mois de janvier, non seulement je ne jouais plus mais je ne touchais même plus de salaire"



Le Panionios Athène, une expérience désastreuse pour Varrault


Alors, l’escapade hellène terminée, retour à la maison. C’est le chouette club de Dijon, fraîchement promu en L1, qui l’accueille, emmené par deux de ses prédécesseurs sur les flancs de la défense verte (Cartoche l’entraîneur et Perez le directeur sportif). Retrouvant Matsui et Bauthéac, Varrault va réaliser une saison honorable, manquant de 3 points un maintien qui tendait les bras aux Bourguignons mais compromis par 6 défaites et 3 nuls lors des 9 dernières journées.



Promu capitaine du navire, Varrault a trouvé son port d'attache à Dijon


Malgré la relégation, Varrault s’installe dans la capitale des Ducs, et décroche le brassard de capitaine. Objectif: reconquérir la Ligue 1. Si la première saison en L2 ne permet pas au club bourguignon de décrocher le sésame (Dijon finit 7e), Cédric y dispute toute les suivantes en tant que titulaire, y marquant même quelquefois pour maintenir son équipe dans le haut du tableau de Ligue 2.
Révélé au haut niveau l’année du retour de Nice dans l’élite, l’histoire serait belle si elle offrait à Cédric une nouvelle et dernière montée pour clore une carrière où Sainté tiendra toujours une place à part...



La carrière de Cédric Varrault en un clin d'oeil