22 septembre 1963 : OL 4-5 ASSE  
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Des situations, pas des occasions

Le déplacement à Bastia restera dans la mémoire à travers le choc à la tête de Pajot ou les cartons rouges et non grâce aux occasions des buts, quasiment inexistantes.

Un des objectifs de ces analyses tactiques est (d'essayer) de deviner comment le match a été abordé tactiquement par les Verts, quel a été le plan de jeu prévu, le montrer par des exemples, éventuellement en essayant d'identifier ce qui a mal tourné. C'est assez difficile de le faire dans des matchs avec plusieurs cartons rouges - la supériorité ou l'infériorité numérique change drastiquement le plan de jeu d'une équipe.
 
Si on regarde donc le match à Bastia dans son ensemble, les chiffres donnent une domination nette et sans appel des Verts. Non spécialement en terme de possession de balle - 63% pour nous - mais surtout en terme de dangerosité. Si on regarde les tirs effectués dans le jeu (et non suite à des CPA) par les deux équipes (l'ASSE en bleu, Bastia en orange) :
 
 
On voit clairement que dans le jeu courant les Corses ne se sont pas procurés des occasions franches (seulement des tirs de loin) et que les Stéphanois ont été assez présents dans la surface. Mais est-ce que c'est seulement dû à la période passée en supériorité numérique ?
 
 

20 minutes en supériorité numérique

 
Les Verts ont joué 20 minutes en supériorité numérique, les 20 premières de la 2ème période - on ne compte volontairement pas les minutes passées avant la pause, quand tout le monde avait en tête autre chose que le foot - sauf Pajot, peut-être. Perrin le déclarait après match que c'est seulement aux vestiaires qu'ils ont pu se reprendre. Cependant, après la pause, on a assisté à un match d'une équipe ayant besoin d'une victoire, en supériorité numérique contre une équipe qui avait déjà joué 3 jours plus tôt, presque tout un match à 10 contre 11. Mais si ces facteurs peuvent faire croire à quelqu'un que cette équipe a emballé le match, a imposé un rythme élevé pour faire craquer des adversaires perdus et sans jus, alors ce quelqu'un n'est pas un connaisseur des Verts. On a assisté plutôt à une domination totale des Stéphanois pendant 20 minutes : 71% de possession, un seul ballon touché par Ruffier (en dehors de sa surface, une passe). Mais complètement stérile, comme à leur triste habitude, avec seulement 13 ballons touchés dans la surface et seulement 2 tirs dans le jeu (dont un de loin) et 1 sur corner.
 
Il faut dire que Bastia a défendu très bas (on voit bien le 4-4-1 adverse contre notre 4-3-3) :
 
 
Les Stéphanois étaient haut, donc ils récupéraient le ballon très rapidement, comme par exemple plusieurs fois d'affilée entre la 55ème et la 56ème. Les rares fois que le bloc adverse avait un peu plus d'espace entre les lignes, Saivet y a été trouvé, comme par exemple deux fois de suite à la 54ème. Mais le reste du temps, c'était un jeu de handball, avec un ballon qui circulait d'un côté à l'autre en passant par les défenseurs... et aucun décalage digne de ce nom n'a été créé.
 
 

Plan de jeu initial

 
Si la période en supériorité numérique n'a pas donné grande chose, il faut essayer de comprendre comment le match a été abordé, quel a été le plan de jeu initial. Par rapport à la semaine dernière, cette fois-ci l'adversaire avait été étudié et des points faibles identifiés, selon Galtier en conférence de presse. La tactique stéphanoise a été basée sur une bonne possession accompagnée d'une récupération rapide et parfois très haute, ainsi que des tentatives de déjouer le hors-jeu recherché par la défense Corse (avec de la réussite pour KMP, beaucoup moins pour Beric). Mais le point faible adverse n'était pas là, il était sur le positionnement des milieux axiaux adverses lors des centres
 
Un premier exemple dès la 9ème minute, avec un dégagement du goal adverse, ballon récupéré par RPG et donné de suite à Veretout dans l'entre-jeu :
 
 
Saivet fait un appel sur l'aile droite, pendant que Jorginho croise et en fait un vers l'axe. Veretout choisit le couloir, mais le latéral adverse revient bien et oblige Saivet à revenir :
 
 
Via les défenseurs le ballon et vite envoyé sur l'autre côté, où Maiga avance un peu et cherche à combiner avec KMP : 
 
 
KMP garde le ballon, pendant que Maiga lui offre une solution et que Pajot se projette dans le couloir en ailier, mais il finit par rejouer avec Perrin en arrière. Le ballon est de nouveau remonté via Veretout jusqu'à Maiga dans le couloir :
 

 

Et maintenant Pajot est revenu au milieu et KMP fait un appel dans le dos de la défense, bien servi dans sa course par son latéral. Cette phase de préparation n'est pas directement liée au point faible adverse qu'on a mentionné plus haut, mais elle montre bien les appels sans ballon, les courses croisées de nos joueurs, la recherche constante de proposer des solutions. Pendant ce temps, Saivet était soit entre les lignes (deux images plus haut), soit à la hauteur de la ligne des milieux adverses (image précédente)...

 

 

... pour se projeter de nouveau entre les lignes, pas suivi par ses adversaires. En effet, l'appel dans le dos de la défense de KMP a aspiré un central, donc Beric et Jorginho se retrouvent pris par seulement deux défenseurs dans la surface. Saivet fait l'appel pour un centre en retrait, absolument pas suivi par les milieux, mais cette situation de décalage créé n'est pas concrétisée, le centre de KMP allant au 3ème poteau. Le ballon est récupéré par Jorginho, RPG fait un dédoublement et le jeu des passes et courses sans ballon continue, comme illustré par ce beau schéma :

 

 

La passe de RPG pour Jorginho est interceptée, mais le dégagement corse aussitôt repris par la défense, qui recommence une attaque de l'autre côté : 

 

 

Entre temps, le bloc adverse a bien remonté, mais Saivet trouve la place entre les lignes et KMP profite d'un alignement approximatif de la défense pour déjouer de nouveau le piège du hors-jeu : 

 


La longue passe de Pajot est parfaite pour sa course et KMP se retrouve de nouveau en position de centrer :

 
L'appel de KMP et de Beric a bien fait reculer les quatre défenseurs, mais les milieux n'ont pas suivi, laissant ainsi beaucoup de place pour un centre en retrait. Malheureusement, le tir de Saivet est raté et passe à côté du cadre.
 
Un exemple similaire peut être observé à la 24ème, même si dans un contexte de contre. Veretout se positionne bien pour une passe en retrait, la défense est aspirée et les milieux ne suivent pas, le centre en retrait est précis, la reprise non. On comprend mieux pourquoi Galtier râlait en conférence de presse après le match - malheureusement notre équipe a l'air trop limitée pour se créer des tonnes de situations de ce type. Alors quand une faille est identifiée, il faut l'exploiter à fond, c'est-à-dire au moins en cadrant les frappes pour transformer un beau décalage créé (performance collective) dans une occasion ou un but (performance individuelle).
 
 
 

Conclusions

 
On a pris du retard dans la course pour une place européenne en ne prenant qu'un point lors des 3 derniers matchs de Ligue 1, surtout contre des adversaires de la deuxième moitié du tableau. Il faudra donc vite se reprendre, sinon plus tard dans la saison, les matchs contre des concurrents directs dans cette course ne compteront plus pour grande chose. Il est difficile de révolutionner les aspects tactiques maintenant, même si les semaines complètes entre les matchs aideront, ainsi que la grosse trêve dans 2 semaines. Quant à la performance individuelle, il est clair qu'on ne peut pas recruter maintenant, donc Galtier devra faire avec l'effectif à sa disposition. Le retour de certains joueurs peut être la clé qui transforme un triste 0-0 sans grosses occasions dans une victoire maîtrisée tranquillement - l'écart entre les deux est parfois moins grand que ce que l'on pense.
 
 
 

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par Pilou83, le 08/03/2017


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