Il y en a pour qui chaque anniversaire est une véritable victoire. Christophe Pignol est de ceux-là.
Voici l'itinéraire d'un enfant du Sud pas vraiment gâté...


Christophe Pignol voit le jour le 15 octobre 1969 à Aubagne dans les Bouches-du-Rhône. Ce Provençal pur jus fait ses premières armes de footballeur à Mazargue, entre Aubagne et Marseille et ses aptitudes lui laissent entrevoir la possibilité d’intégrer le centre de formation d’un club professionnel. Mais puisque l’OM, qui s’apprête à éntamer une domination sans partage sur le football français, ne s’intéresse pas aux jeunes du cru, Christophe Pignol doit s’exiler. En 1986, il quitte son club de Mazargues et comme ses glorieux prédecesseurs Roussey, Millot et Ceccarelli, il prend la direction du Forez pour rejoindre le centre de formation de l’ASSE.



La carrière de Christophe Pignol en un clin d'oeil


Ironie du sort, c’est donc avec l’ASSE que Christophe Pignol effectue son premier match en D1, le 29 août 1987... face à l’OM. Le match est catastrophique, les Verts s'inclinent 5-1 et le jeune Pignol, 18 ans, est remplacé à la mi-temps par Hervé Musquère. On a vraiment connu mieux comme débuts !
On ne reverra Christophe en équipe 1 que 3 ans plus tard, en avril 1990: face au Racing Paris au Parc des Princes, il remplace un autre Christophe, Deguerville alors que l'ASSE est menée 2-0. Les Verts s'inclineront finalement 3-0 et Pignol repartira en réserve. A l'été 91, ses cinq années passées à Sainté et ses deux matches pro calamiteux ne suffisent pas à convaincre le staff et les dirigeants. Avant un autre latéral gauche formé au club, en l’occurrence Sylvain Armand, Christophe Pignol est donc obligé de quitter le Forez pour faire reconnaître son talent.


Christophe Pignol en 1989


Son premier contrat professionnel, il le signe à Istres alors en deuxième division. Ce retour dans sa région natale est bénéfique puisqu’il ne lui faut que deux saisons pour se faire remarquer par le FC Nantes. Il rejoint donc la Loire-Atlantique en 1993 où il découvre l’une des générations nantaises les plus talentueuses de son histoire. Comme toujours à Nantes, les nouveaux ont besoin d’un temps d’adaptation et dans un premier temps, Christophe Pignol est plutôt le remplaçant de Le Dizet. Coco Suaudeau va néanmoins lui faire confiance assez rapidement et Christophe jouera finalement 27 matches toutes compétitions confondues durant cette première saison en jaune. Avec une cinquième place au classement de surcroît, il n’y a alors aucune raison de regretter le choix de l’intersaison.



Pignol emporte tout sur son passage à Nantes


Que dire alors de la seconde ? Cette saison 1994-95 est celle de tous les records pour le FCNA qui termine champion en n'ayant concédé qu'une seule défaite (à Strasbourg). Dans cette équipe, on retrouve N’Doram, Pedros, Makelele, Karembeu, Ouédec, Loko... Christophe est quant à lui chargé d’animer le côté gauche avec Pedros, ce qu’il fait à merveille.
Les deux saisons suivantes, Christophe Pignol conserve sa place de titulaire sur le flanc gauche de la défense et participe activement à l’épopée en Ligue des Champions (le FC Nantes n'est éliminé qu'en demi-finale face à la Juve) et à l’obtention d’une belle troisième place en championnat durant la saison 1996-97.



Deuxième titre de champion sur le Rocher pour Pignol


Cette quatrième saison sera sa dernière sous le maillot nantais. En effet, en compagnie de Japhet N’Doram, Christophe Pignol rejoint à l’aube de la saison 1997-98 la Principauté de Monaco. Il va rester trois saisons sur le Rocher et décrocher un deuxième titre de champion de France en 2000.

A 31 ans et en perte de vitesse à Monaco (5 matches lors de la saison 1999-00), Christophe décide alors de relever un dernier défi en signant chez le promu lillois à l'été 2000. Le challenge semble relevé puisqu'il dispute 18 matches jusqu'au printemps, retrouvant même les Verts à Geoffroy-Guichard, mais cette première saison chez les Dogues est aussi sa dernière saison de footballeur professionnel. Le 10 avril 2001, on lui diagnostique une leucémie aiguë foudroyante, lui laissant peu d'espoirs de survie. Christophe raccroche immédiatement les crampons et se prépare à un nouveau combat. Le choc est grand dans le monde du football.



Pignol en Dogue: une image éphémère


Pouvant compter sur un soutien inconditionnel du club et des ses coéquipiers, Christophe se soigne durant de longs mois. Et guérit. Il fonde en 2002 l’Association Christophe Pignol qui cherche à sensibiliser l’opinion publique à l’importance du don de moëlle osseuse, à collecter des fonds et à rendre le séjour à l'hôpital moins difficile. Il publie en 2008 "Le match de ma vie", un livre qui retrace son combat contre la maladie, préfacé par son ex-coéquipier à Monaco (et également ancien Vert) Willy Sagnol. Les droits d'auteurs de l'ouvrage sont d'ailleurs reversés à son association.



En vente dans toutes les bonnes librairies


Aujourd'hui, après avoir un temps joué et entraîné pour le JS Aubagne (DHR), Christophe Pignol dirige désormais une salle de football indoor à Gémenos (13), un projet lancé en 2007: "J'ai étudié le projet à fond, visitant tous les complexes déjà ouverts en France. Mes potes Bruno Cheyrou et willy Sagnol se sont associés à moi pour le volet foncier. Au niveau de l'activité même, c'est mon frère Olivier, qui m'a accompagné dans l'aventure. J'ai foncé: le foot en salle a été dès le début plus qu'un choix professionnel, c'était un véritable choix de vie puisque nous avons quitté Andrezieux, près de Saint-Etienne, pour nous installer dans le sud de la France".
Et ce, en pleine santé !



Christophe Pignol avant/après (photo France Football)